Edito
 

On peut rêver

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le 27.08.17 | 12h00 Réagissez


L’Angola, un pays pour lequel l’Algérie était un modèle et un exemple, un pays frère et ami lié au nôtre par le combat commun contre le colonialisme, vient de donner, comme beaucoup d'Etats subsahariens, une leçon à l’Afrique. Son président, Eduardo Dos Santos, 74 ans, vient de céder sa place à quelqu’un d’autre qui lui succède à la suite d’élections «propres et honnêtes», comme on dit chez nous. Dos Santos ne s’est pas fait une Constitution sur mesure pour mourir au pouvoir. Il se retire parce que, dit-il, il est malade, alors qu’en apparence il se porte bien, il ne se déplace pas en chaise roulante, il n’a pas besoin d’un amplificateur de voix pour s’entretenir avec ses interlocuteurs. Il laisse un pays qui a connu un taux de croissance à deux chiffres et où les ressortissants de l’ancien colonisateur, le Portugal, affluent pour trouver du travail.

Autre exemple : le parquet guatémaltèque et une commission de l’ONU ont demandé la levée de l’immunité du président de la République, Jimmy Morales, soupçonné d’irrégularités financières durant la campagne présidentielle de 2015, indique l’AFP. Rien que ça. La justice a déjà annoncé l’ouverture prochaine d’un procès contre son fils et son frère. Dernier exemple : la justice de la Corée du Sud vient de condamner l’héritier du géant Samsung, premier créateur d’emploi du pays, à cinq ans de prison ferme pour corruption. Impliquée dans le même scandale, Mme Park Geun-Hye, présidente de la République, a été destituée et incarcérée dans une prison de Séoul sans qu’un citoyen sud-coréen ait trouvé à redire.

C’est dire que dans beaucoup de contrées, on ne badine pas avec la loi. Les trois exemples sont parmi les derniers portés à la connaissance du monde en ce qui concerne la morale politique et la gestion des deniers publics. Ils illustrent parfaitement des mœurs qui prévalent en Afrique, en Amérique latine et en Asie. On constatera qu’aucun pays arabe n’est encore arrivé dans des situations telles que citées plus haut. Il est de fait que le monde arabe vit hors du temps. N'était son pétrole, personne ne lui accorderait de l’importance ni parlerait de lui. Les dirigeants arabes d’aujourd’hui sont parmi les plus méprisables qui soient. Où est le temps des Nasser, Boumediène, Bourguiba qui ont imposé le respect au reste de la planète ? Malheureusement, l’Algérie n’échappe pas à la règle. Voilà un pays qui était prospère, qui avait des ambitions internationales, qui était fier de sa Guerre de libération nationale, de son aura à travers le monde et qui, depuis presque vingt ans, a entamé une horrible descente aux enfers.

Ceux qui se sont emparés du pouvoir sont-ils si incompétents au point d’entraîner l’Algérie dans cette fatale issue ? On remarquera que depuis 1999, une maffia s’est infiltrée dans les arcanes du pouvoir et a affaibli le pays, alors qu’il avait un avenir prometteur. A croire que des étrangers, qui n’ont aucun attachement avec l’Algérie, sont à la tête de l’Etat. Ils ont même réussi à inhiber tout esprit de résistance et de contestation chez un peuple qui, tout au long de son histoire, a démontré le contraire. Même les partis politiques ne se sont pas montrés à la hauteur pour combattre les humiliations qu’un groupe d’arrivistes fait subir à l’Algérie.
Y a-t-il un espoir pour l’on s’en sorte ? Pour l’instant, il n’y a que le chaos qui nous menace. Tout cela parce que depuis 1962, l’Algérie vivait sans démocratie, au nom de la «légitimité historique». Peut-être, comme le 1er Novembre 1954, comme Octobre 1988, un sursaut salvateur nous redonnera notre dignité bafouée.

Tayeb Belghiche
 
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