Edito
 

Obsolescence

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le 10.08.17 | 12h00 Réagissez


Les hommes politiques qui ont toujours affirmé que le système en place n’est pas réformable de l’intérieur ont manifestement raison. S’il a fait du pays un «exportateur de stabilité», le régime a fini par installer en son sein une instabilité chronique qui fait vaciller les institutions entre la déliquescence et l’effondrement. Cette fin de règne à hauts risques est en train de transformer les instances gouvernementales en antre de la prédation ou du lynchage. Il n’y a plus d’autres ressources que celles de s’auto-trucider faute de pouvoir se régénérer. L’espoir a fini depuis longtemps d’émaner d’un régime obsolescent et tous les ravalements de façade s’effritent lamentablement.

Les tirs croisés contre le Premier ministre en poste depuis moins de trois mois ont atterré l’opinion publique, mais celle-ci était déjà édifiée sur la suite des événements à l’annonce des premières actions gouvernementales. Le chantier inattendu de séparer l’inséparable, l’argent et la politique, a, en vérité, laissé pantois les observateurs. Toutes les dynamiques politiques ayant mené à des victoires électorales dans le monde, dans les pays ayant une forte tradition démocratique et un vrai dispositif de surveillance financière, étaient étroitement liées aux forces de l’argent. En plus d’être le nerf de la guerre, l’argent fait vivre tous les secteurs, l’humanitaire, la politique, la recherche scientifique… La moindre association est réduite à l’inaction si elle ne reçoit pas sa subvention.

Quant aux partis politiques, ils sont, dans les plus grandes démocraties, au lendemain de chaque élection, comptables des dépassements du «plafond des dépenses de campagne». Dans l’épisode des «mises en demeure» ayant défrayé la chronique nationale le mois dernier, déclenchées sous le prétexte de l’immixtion des milieux d’affaires en politique, il n’y avait rien de significatif ni de décisif à attendre. La démarche du gouvernement était loin d’être convaincante. Le commun des citoyens a depuis longtemps pris acte de la confusion entre les maîtres d’ouvrage et d’œuvre. Il y avait toujours matière à s’interroger si le premier travaillait pour l’Etat, donc pour la collectivité, ou pour l’entreprise. Il ne sert à rien de mettre en cause aujourd’hui la responsabilité du maître d’ouvrage dont les missions étaient, de notoriété publique, diluées dans la gabegie institutionnelle.

En matière de «séparation», il y a fort à faire, mais cela attendra les prémices d’un Etat de droit. Dans le système actuel, la confusion continuera de régner entre l’Exécutif, le judiciaire et le législatif. Par ailleurs, ce n’est pas une autorité qui s’engage, sur le chantier d’une mosquée, à y tenir une prière officielle avant la fin de l’année, qui peut lancer le débat sur la séparation entre l’Etat et la religion, l’une des conditions d’un passage à l’ère de la modernité et du progrès.

 Ce n’est pas la «décomposition» en cours du régime, pour reprendre les termes d’une patronne de parti, qui pose problème, mais l’absence d’une alternative politique. La recomposition d’un camp démocratique devient vitale et incontournable.
 

Djaffar Tamani
 
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