Edito
 

Mauvais présage pour les corrompus !

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le 28.10.17 | 12h00 Réagissez


Bonne nouvelle pour tous les peuples africains et arabes victimes des prédateurs, des corrompus et des voleurs qui dirigent leurs pays, qu’ils soient présidents, ministres ou chefs d’entreprise. L’exemple vient d’être donné à Paris par la justice française.

Pour la première fois, un dirigeant politique africain a été condamné dans l’affaire des «biens mal acquis». Il s’agit du vice-président de la Guinée équatoriale, Téodorin Obiang, qui écope de trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende, toujours avec sursis, pour s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable, selon l’AFP. La justice a en outre décidé la confiscation de tous ses biens, situés à Paris, et qui s’élèveraient à plusieurs centaines de millions d’euros. Il est le fils du dictateur Téodoro Obiang Nguema qui dirige la Guinée équatoriale d’une main de fer, dans un pays riche en pétrole et où la moitié de la population vit nettement en dessous du seuil de pauvreté.

En 2010, la France, sous la pression d’ONG internationales, avait mis en place une procédure dite de «biens mal acquis». Le fils du dictateur équato-guinéen est le premier auquel s’est appliquée cette procédure.
Pourquoi la France ? Ce pays a toujours été laxiste avec les dirigeants de ses anciennes colonies, qu’ils soient du nord ou du sud du Sahara. La France a même protégé et défendu les dictateurs, si elle ne les avait pas elle-même mis en place. Il lui arrivait même d'envoyer ses troupes pour sauver des dictateurs, comme elle l’a fait en 1977 au Zaïre où ses parachutistes sont intervenus à Kolwezi pour défendre Mobutu, menacé par une rébellion interne. Tous les anciens colonisés qui volaient l’argent de leurs peuples le transféraient dans les banques françaises. Les biens mal acquis étaient surtout investis dans l’hôtellerie ou la restauration, ainsi que dans l’achat d’appartements. Certains Présidents achetaient même des châteaux, sous l’œil bienveillant des services et du fisc français. Les corrompus algériens se trouvent dans cette situation. Y a-t-il échange de procédés ? L’exemple le plus connu est celui de Amar Saadani. Cet OVNI venu de Tunisie a acheté un appartement à Neuilly pour plusieurs centaines de millions d’euros. Non seulement les Français ne lui ont pas demandé l’origine de cet argent, mais ils lui offert en prime une carte de résidence VIP.

La France, au-delà des considérations politiques, est un Etat de droit et les Algériens «propres et honnêtes» rêvent de voir leur pays lui ressembler sur le plan de la justice.
La condamnation de l'Equato-guinéen ouvre de nouveaux horizons pour les peuples dont l’argent a été volé. Il faut espérer que l’opération «biens mal acquis» ne soit pas de la poudre aux yeux et qu’elle soit le début d’une campagne «mains propres» pour restituer aux peuples du tiers-monde leurs richesses détournées par des dirigeants sans foi ni loi. La France sera alors saluée et son action donnera un coup de frein à la rapine qui sévit dans nos contrées.

Tayeb Belghiche
 
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