Edito
 

Manœuvres de coulisses

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le 22.05.17 | 12h00 Réagissez


Le président Bouteflika et les laboratoires qui planchent sur la composition du nouveau gouvernement qui devrait, selon toute logique, fortement s’imprégner des résultats des dernières élections législatives, n’ont pas réussi leur entreprise de charme à l’égard du MSP pour le convaincre à intégrer l'Exécutif. La stratégie de l’élargissement du gouvernement à ce courant islamiste avait déjà été expérimentée par le passé avec les péripéties que l’on sait.

Durant le long règne de Bouteflika, ce parti a eu à siéger au gouvernement et à faire partie de la coalition gouvernementale et de la majorité parlementaire sous l’étendard de l’Alliance présidentielle aux côtés du Fln et du Rnd avant de claquer la porte et de se réinstaller dans l’opposition, qu’il n’entend pas abandonner pour des portefeuilles ministériels, comme il vient de le faire savoir avec fracas. Le Msp sort renforcé de cette bataille de l’opinion aux yeux des militants du parti incarnant la ligne radicale et oppositionnelle au pouvoir, en se présentant comme la première force politique de l’opposition. En tentant un rapprochement avec cette formation politique, le pouvoir s’était fixé deux objectifs stratégiques. Le premier, c’était d’extraire ce parti connu pour son activisme du bloc des partis de l’opposition, regroupés au sein de la CNLTD (Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique), pour fragiliser encore davantage ce pôle qui a perdu sa cohésion face aux divergences nées sur la question controversée de la participation ou du boycott des législatives.
Par ailleurs, se rallier ce parti, c’est assurer sa pacification en l’associant aux choix et à la responsabilité quant aux résultats du programme du gouvernement, donc du président de la République, dans une conjoncture économique et un climat social qui n’incitent guère à l’optimisme. Et se donner une marge de manœuvre plus grande au sein de l’APN pour avoir la maîtrise totale des débats et une emprise certaine sur les textes législatifs votés. Le camouflet que vient d’essuyer le pouvoir de la part du MSP illustre clairement toutes les difficultés de ce même pouvoir à rallier autour de son projet politique et de ses choix économiques au-delà de ses alliés naturels : le Fln et le Rnd auxquels se sont greffées deux autres formations, le MPA et Taj, dirigées par d’anciens ministres qui ont exercé des responsabilités gouvernementales sous le règne de la présidence de Bouteflika.

La carte du MSP que le pouvoir a tenté de jouer, sans succès, obéit plus à des calculs étroits de pouvoir qu’elle ne traduit une quelconque volonté d’ouverture politique en élargissant l’Exécutif aux forces politiques agissantes de l’opposition. Le fait que le pouvoir ait exclu naturellement des consultations certains partis blacklistés, tels que le FFS, le RCD ou le Parti des travailleurs qui n’ont même pas été approchés pour la forme, pour sacrifier aux convenances politiques, montre bien à l’évidence ce qui se trame derrière les consultations et les manœuvres de coulisses qui se déroulent autour de la formation du gouvernement.

Omar Berbiche
 
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