Edito
 

Louvoiement arabe

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 11.12.17 | 12h00 Réagissez


Face à ce qui s’apparente à une déclaration Balfour bis par laquelle les Etats-Unis reconnaissent officiellement Al Qods comme capitale d'Israël, les dirigeants arabes et plus globalement des pays islamiques se contentent de dénoncer et de regretter le geste américain, certains presque du bout des lèvres, pour ne pas compromettre leurs intérêts. Autant les opinions publiques arabes musulmanes ont réagi spontanément et avec force à ce nouveau déni de l’histoire que vient d’endosser un des membres influents du Conseil de sécurité qui fait suite à la création artificielle de l’Etat d'Israël sur la base d’une autre forfaiture de l’histoire, autant les gouvernants arabes se sont résignés, comme de coutume, à adopter un profil bas en prenant soin de ne pas chevaucher la vague déferlante de l’anti-américanisme qui souffle dans le monde arabo-musulman suite à cette nouvelle provocation de Trump.

Même l’Algérie, qui a inscrit son nom en lettres d’or sur le fronton de la lutte héroïque du peuple palestinien en s’honorant d’avoir servi de terre féconde où fut proclamé, un certain 15 novembre 1988, l’Etat palestinien semble frappée d’amnésie et tourner le dos à l’histoire. L’engagement sans faille de notre pays envers la cause palestinienne, qui ne s’est jamais démenti à travers l’histoire, comme le prouve l’effort militaire consenti sur les théâtres de combat au cours des différents conflits arabo-israéliens, où le sang des soldats algériens s’est mêlé à celui des autres combattants arabes, a-t-il vécu sous l’influence des bouleversements géo-politiques que connaissent les pays et les régimes arabes ? Pour qui a vécu la mobilisation et l’ambiance révolutionnaires des années 1960 et 1970 où les Arabes, Etats et nations, vibraient à l’unisson pour la cause palestinienne, il est difficile d’imaginer que quelques années plus tard, l’Etat algérien empêcherait ses concitoyens de manifester et d’exprimer leur soutien à la cause palestinienne qui vit un tournant dangereux avec le fait accompli de la proclamation d’Al Qods capitale d'Israël, que veulent imposer l’Etat hébreu et les Etats-Unis.

Même les députés qui voulaient organiser un sit-in de protestation devant l’ambassade des Etats-Unis à Alger ont été empêchés par les forces de sécurité d’exprimer leur indignation et leur colère devant la représentation diplomatique américaine. La liberté et la dignité d’un peuple ne s’achètent pas par des incantations politiques ni par la politique du chéquier qui servent de faire-valoir politique aux dirigeants arabes pour faire croire que leur cœur bat toujours aussi fort pour la Palestine. Bon nombre d’Etats arabes n’honorent au demeurant même plus, de manière régulière, leurs engagements financiers vis-à-vis de l’Autorité palestinienne. C’est dire combien la cause palestinienne apparaît aujourd’hui loin des préoccupations des Etats arabes du fait des divisions idéologiques et des guerres fratricides qui déchirent les rangs arabes, comme on le voit au Yémen transformé en champ de ruines.

Instruits par tous ces reniements, ces lâchetés, louvoiements politiques des dirigeants arabes, les Palestiniens ont compris que leur destin est entre leurs mains. L’appel à une nouvelle Intifadha est une réponse forte à toutes les duplicités et connivences internes et externes au monde arabe visant à monnayer la cause palestinienne.

Omar Berbiche
 
Loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie
 
Loading...