Edito
 

Libertés menacées

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le 26.07.17 | 12h00 Réagissez


La préservation et la défense des droits de l’homme en Algérie, voilà un thème qui ne risque pas d’être retenu tel quel pour le concours du journalisme professionnel du président de la République. Et pour cause, les atteintes aux droits élémentaires sont monnaie courante, de quoi susciter les plus vives inquiétudes. Pour cette année 2017, le ministère de la Communication a préféré la problématique de l’environnement, une question moins polémique, moins gênante pour le pouvoir d’une manière générale et pour la présidence de la République d’une manière particulière.

Ces derniers jours, même la très forte canicule n’a pas dissuadé les maîtres censeurs à passer à l’action à Aokas, dans la wilaya de Béjaïa, pour la énième fois, en interdisant une conférence-débat sur la culture amazighe. Mais la provocation ne s’est pas arrêtée à ce niveau de l’interdiction administrative, comme on aurait pu le supposer, elle s’est accompagnée par le déploiement de la police pour disperser l’auditoire par la force.

Comme il fallait s’y attendre, des échauffourées avec les forces de l’ordre se sont soldées par plusieurs blessés parmi les personnes qui s’étaient déplacées pour assister à la conférence. Quand on sait que la petite localité de Kabylie est le théâtre d’interdictions de ce genre de la part de l’administration qui ne voit pas d’un bon œil la tenue d’activités autour de la culture et de la littérature amazighes, on ne peut s’empêcher de s’interroger à qui profitent de tels et absurdes interdits.

Et surtout, s’il n’y a pas là une volonté de provoquer une population fortement touchée par un ostracisme de la part du pouvoir, surtout lorsqu’il s’accompagne d’une répression. Une telle démarche ne fait que renforcer cette sensation de vivre un état d’injustice permanent au sein de la population et la conviction que la «hogra» est toujours présente et qu’elle frappe de larges catégories de citoyens.

Sinon, comment expliquer qu’aujourd’hui des retraités de l’Armée nationale populaire ont été empêchés de poursuivre leur marche nationale de protestation, une fois arrivés aux portes de la capitale, comme le furent avant eux, il y a quelques mois, les Patriotes, eux aussi confrontés à de nombreux problèmes sociaux et réduits à un état de précarité préoccupant ?

Plus inquiétante encore est sans doute la situation du journaliste «fixeur» Saïd Chitour, qui croupit en prison depuis plusieurs semaines et dont la demande de mise en liberté provisoire a été rejetée. Ses avocats dénoncent que rien dans le dossier du prévenu n’indique qu’il ait commis un quelconque «acte d’espionnage» au profit d’une puissance étrangère.

Face à autant d’atteintes aux libertés individuelles, comment interpréter la mise en place d’un bureau des droits de l’homme au sein de la direction de la Sûreté nationale censée connaître la moindre dérive en la matière ? N’est-ce pas là faire preuve d’un certain cynisme envers les citoyens qui, aujourd’hui loin d’être rassurés, vivent plus que par le passé sans doute, la crainte d’être à la merci du moindre arbitraire, surtout en l’absence de réels contre-pouvoirs.
 

Reda Bekkat
 
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