Edito
 

Les nouvelles frontières

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le 02.08.17 | 12h00 Réagissez


L’Europe envisage toujours d’ériger des barrières, voire de repousser ses frontières, afin de barrer la route aux migrants. L’effort en question est déployé depuis à vrai dire de longue date, mais sans succès jusque-là, alors même que le phénomène de la migration n’est que la conséquence de situations bien précises, voire de politiques menées depuis bien longtemps et qui, en réalité, n’ont jamais cessé.

Comme cette rivalité entre puissances extra africaines de plus en plus forte, avec aussi des soutiens à des régimes que l’on s’efforce, contre tout bon sens, de qualifier de démocratiques, alors qu’ils en sont éloignés. La logique voudrait alors qu’il y ait un début pour tout, et non pas à chercher à repousser ses frontières qui se situeraient, tenons-nous bien, chez les autres qui en assureraient la surveillance.

C’est ce qu’on désigne par centres de rétention dont l’implantation a été acceptée par certains pays, dont justement la Libye sous l’ancien régime, redevenue principal point de départ des migrants. Des barrières s’effritent, d’autres se disloquent, mais sans le moindre effet sur le flux migratoire de plus en plus important. Mais connaît-on au moins les causes de ce phénomène pour pouvoir agir en amont et ainsi mettre fin à ce phénomène qui ne relève absolument pas de l’effet de mode ?

Ce sont les guerres et ce que celles-ci génèrent comme effets sur les populations. Et pourquoi autant de guerres, notamment sur le continent africain, et quelles en sont les causes et cela d’autant plus que des pays africains n’ont jamais connu le moindre jour de paix ? Et parfois l’enjeu dépasse le contexte local, les populations en question en étant les otages, mais aussi les victimes de conflits qui les dépassent. Il n’y a pour cela qu’à dresser la liste des pays en guerre pour se rendre compte que dans bien des cas, le pillage en est la cause, avec parfois des enjeux qui dépassent le cadre local.

Ce sont aussi les dictatures qui font fuir des populations entières. Un acte de désespoir qui ne se règle pas que par l’argent comme le prouve ce mouvement migratoire inverse, jamais enregistré dans les annales africaines et qui a concerné dernièrement la Gambie, où la fin de la dictature a poussé de nombreux migrants à revenir au pays. «L'une des plus petites nations d'Afrique est l'un des plus gros contributeurs au flot de migrants», relevait récemment et fort justement un quotidien américain.

L’ONU a bien décrété en 2005 une «décennie du développement», mais apparemment sans le moindre succès. Comme en attestent les chiffres de la BAD (Banque africaine de développement), selon lesquels 544 millions d'Africains (sur une population totale de 1,2 milliard) vivent toujours dans la pauvreté. La solution par l’argent n’en est pas une, car rien n’assure qu’il ne soit pas détourné par des régimes en place.

Ce ne serait qu’un moyen dans le cadre d’une approche plus globale et qui serait bien plus efficace que cette politique des frontières. Il suffit de redonner espoir à ces populations qui ont choisi de vivre, même au prix de leur propre vie. Le flux se tarira inévitablement.

Mohammed Larbi
 
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