Edito
 

Les clés de la maison

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le 29.07.17 | 12h00 Réagissez


La situation dans les Territoires palestiniens occupés, particulièrement dans la ville sainte d’El Qods, n’a pas changé, malgré quelques aménagements apportés par l’occupant israélien. Pourtant, de nombreux pays semblent s’en satisfaire, nonobstant la gravité de la situation et les incessantes mises en garde des institutions internationales portées également par des pays qui appellent à la satisfaction des droits nationaux du peuple palestinien. Il a suffi en effet qu'Israël retire des points névralgiques les détecteurs de métaux des accès aux lieux saints qu’il contrôle, pour que certains croient ou laissent croire que la question de ces derniers jours a été réglée.

Quelle erreur ! Question d’appréciation, ou alors parti pris ? Dans les deux cas, il y a un problème qui ne disparaîtra qu’avec la fin de l’occupation israélienne. C’est ce que les Palestiniens entendent faire prévaloir, affrontant pour cela les forces israéliennes déployées à l’entrée des lieux saints, détenant en cela les clés de la maison. Ce sont elles qui ouvrent et ferment les portes pour ne les ouvrir qu’à quelques-uns. Si ce n’est pas là l’occupation, qu’est-ce que ce serait alors ?

C’est ce rapport occupant-occupé que les Palestiniens ont décidé de combattre et détruire, et qui a été reconduit hier par la police israélienne, en interdisant aux hommes de moins de 50 ans l'accès à l'Esplanade des Mosquées à El Qods pour la prière du vendredi. Elle a fait savoir qu’elle n’excluait pas une nouvelle flambée de violences après deux semaines de tensions autour de ce lieu saint.

Cette mesure intervient au lendemain d’affrontements entre Palestiniens et forces d’occupation israéliennes dans le secteur de l'Esplanade, où des milliers de fidèles avaient pénétré jeudi, mettant fin à un boycott de deux semaines après la levée, par Israël, des restrictions aux entrées, comme pour dire que ce n’est pas fini et que ce ne sera jamais plus comme avant.

Tout ce que l’espace palestinien compte comme autorités et symboles s’est impliqué dans cette lutte pour le recouvrement des droits nationaux. Mais si le Conseil de sécurité de l’ONU paraît toujours aussi bloqué sur ce dossier depuis à vrai dire 1967, il est devenu évident, ces dernières années, que la plupart des pays occidentaux prennent très au sérieux la dégradation de la situation au Proche-Orient, mais autant dire le blocage par Israël du processus de paix. Ce qu’ils ne manquent pas de mentionner en soutenant la solution dite à deux Etats, et donc la création d’un Etat palestinien. Un constat, mais aussi un encouragement à une solution pacifique.

Et donc des négociations. Sauf que, rappellent les Palestiniens, «le gouvernement Netanyahu et la droite israélienne ne veulent pas d’un Etat palestinien. Ils ne veulent pas d’arrêt des colonies. Ils ne veulent pas du retour des réfugiés. Ils ne veulent pas d’un meilleur partage de l’eau. Sur quoi voulez-vous négocier ?» Le constat est là, et bien clair. Les Palestiniens en ont tiré les conséquences. Quant au monde, il ne s’agit plus de déplorer, mais d’agir et il en a les moyens.
 

Mohammed Larbi
 
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