Edito
 

Les bananes et la République

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le 30.01.18 | 12h00 Réagissez


Coup sur coup, deux anciens ministres de la République ont été nommément accusés de corruption, de prévarication et autre favoritisme quand ils étaient en fonction. Aussi bien M. Temmar que Bouchouareb ont été «épinglés» par Mme Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs et députée de l’opposition, et par un opérateur privé, M. Achaïbou, concessionnaire automobile.

Les griefs à l’encontre de ces deux hauts anciens responsables de la République sont suffisamment lourds et accablants que l’on est en droit de s’interroger comment de tels actes de délinquance commis par des prédateurs avérés ayant eu des charges officielles jusqu’au plus haut sommet de l’Etat peuvent rester impunis et jusqu’à quand ?

C’est pour le moins inadmissible tout simplement parce que la crédibilité de l’Etat et de la fonction ministérielle au sein de la République qui s'en trouvent entachées par la délinquance et la criminalité en col blanc. Pis encore, devant la gravité de tels actes, on est étonné par l’absence de réaction aussi bien des partis politiques que de l’intérieur des institutions élues comme l’Assemblée populaire nationale où le gouvernement aurait pu être interpellé sur d’aussi graves accusations impliquant des membres de l’ancien Exécutif certes, mais toujours sous la présidence de Abdelaziz Bouteflika.

Malheureusement, il n’en est rien, silence dans les rangs, l’omerta comme elle est de rigueur dans la mafia sicilienne où les méfaits des uns sont parfaitement couverts en pleine connaissance de cause par les autres, fonctionne malheureusement à plein régime au pays de Ben Boulaïd, Didouche Mourad et de tous les autres martyrs.

Les victimes de tels actes délictueux choisissent de se taire et surtout ne «pas faire de vagues» ni dans les médias ni ailleurs espérant, en dernière instance, un rétablissement dans leurs droits par une intervention idoine, un coup de pouce salutaire, jusqu’au dernier moment. Et quand celui-ci arrive, il est peut-être déjà trop tard, surtout dans le contexte algérien que nous connaissons et l’opacité de fonctionnement du système qui le caractérise.

C’est le cas de l’opérateur privé qui a choisi de médiatiser, sans doute un peu trop tard, les turpitudes qu’il a eu à subir du fait d’un ministre de l’Industrie qui l’a dépouillé «de ses sociétés pour les redistribuer aux amis et à sa famille», selon les termes de la lettre ouverte qu’il a adressée au président de la République.

Partout ailleurs, cela aurait suffi à enclencher l’ouverture d’une enquête au moins ; chez nous, rien ! Plus surprenant encore est ce bradage d’un fleuron du secteur public, le complexe d’engrais phosphatés d’Asmidal, cédé à un groupe privé espagnol alors qu’en 2004, à la veille de sa cession par les services de M. Temmar, c’était loin d’être une mauvaise affaire, puisqu’Asmidal exportait vers l’étranger de l’azote et des produits phosphatés pour un montant de plus de 65 millions de dollars (El Watan d’hier).

Les capacités futures étaient très prometteuses. Une cession décidée par Bouteflika pour satisfaire, semble-t-il, un souhait du roi Juan Carlos en faveur d’un ami et compatriote. Une autre affaire qui reste à éclaircir puisque depuis elle a connu d’autres péripéties où la participation algérienne sera revue dans le cadre du fameux 51/49 qui permettra au groupe de Ali Haddad, précisément président du Forum des chefs d’entreprise, de faire son entrée dans le capital de la nouvelle entité de manière cavalière, dans le sens financier du terme.

Un exemple d’échec de plus avec El Hadjar à ajouter dans le bilan des privatisations opérées sous la tutelle de M. Temmar et où l’on retrouve les mêmes exécutants pour les deux échecs.
 

Reda Bekkat
 
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