Edito
 

Le temps de la riposte

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le 09.10.17 | 12h00 Réagissez


Aujourd’hui, aucune voix appelant à un changement  radical n’est inutile ou de trop, tant la crise  affectant le pays est d’une gravité extrême : Ali-Yahia Abdennour, Ahmed Taleb-Ibrahimi et  Rachid Benyelles viennent d’ajouter la leur, chacun apportant le poids de son itinéraire, soit  politique, soit militaire ou militant des droits de l’homme. Leur déclaration  conforte  les prises de position qui, au cours de  ces dernières années, ont cerné le mal  algérien  absolu : «La confiscation du destin» du pays depuis près de vingt ans par un homme, Abdelaziz Bouteflika, son  entourage familial, ses prolongements claniques  ainsi  que ses  soutiens dans le mond des affaires (ceux appelés les oligarques). Une confiscation, le mot n’est pas trop fort, qui a débuté dès l’élection présidentielle de 1999,  lorsque la puissance militaire dirigeante de l’époque,  appuyée par des appareils administratifs et partisans, avait  favorisé le «candidat»  Bouteflika,  contraignant les autres candidats à se retirer de la compétition, plombée et déloyale. Une fois la crise de la Kabylie «réglée» dans le sang  et la nuisance terroriste «atténuée»  sans  l’exigence de la vérité et de la justice, le régime puisa sans compter dans l’argent du pétrole afin  d’asseoir une légitimité que les urnes ne lui ont pas donné(e) et ensuite de contrôler le front social. Huit cent milliards de dollars ont été dépensés dans la mise en place d’une économie de rente basée sur l’importation et la consommation tous azimuts et qui a crée  artificiellement une classe de nouveaux riches, tout en généralisant l’informel et la corruption.

L’Algérie a été privée de la seule chose dont elle avait réellement besoin : une économie productive qui aurait permis à ses enfants de s’inscrire dans l’avenir par le travail et la modernité. Aujourd’hui, c’est trop tard, 17 années ont été perdues. Et le pouvoir, en plein désarroi,  invente des artifices pour tenter de gérer un quotidien qui lui échappe de jour en jour  : une planche à billets, un «ciblage» des subventions, endettement extérieur… Maître  d’œuvre  de cette  entourloupe  nationale,  Ahmed Ouyahia  a pour seul souci de sauver le système, du moins sa façade la plus caricaturale,  réduite  à  un  président de la République  contraint de  faire semblant de gouverner, alors même qu’il est terrassé  par une maladie invalidante.  Ne reformant  rien, jouant sur tous les registres, celui de la peur particulièrement,  le Premier ministre  s'attelle  à gagner du temps jusqu’à avril 2019 pour…  éventuellement  un cinquième mandat.   Face à ce forcing démentiel, il n’y a qu’une seule riposte : un «front commun» de toutes les forces vives du pays. Ahmed Taleb-Ibrahimi, Ali-Yahia Abdennour et de Rachid Benyelles  l’appellent  dans leur déclaration, tout comme le fait régulièrement l’opposition politique, dont la voix est devenue forte mais  toujours sans écho auprès des dirigeants.  Sur la revendication d’un  changement radical  de système, force est  de constater que le consensus s’élargit de plus en plus  à toutes les couches de la société.

La population a donné le feu vert en boycottant largement les élections législatives d’avril 2016. De ce consensus ressort une idée forte ou  une exigence : l’armée doit  être républicaine, c'est-à-dire défendre uniquement  la Constitution et le territoire national.  Le  pouvoir en place, elle doit s’y(en) démarquer, comme elle doit  refuser de s’impliquer dans le jeu politique  actuel  et dans tout jeu politique à venir. Il est temps pour l’armée de rompre avec ses pratiques antérieures, dont beaucoup ont ruiné ou miné l’Algérie .

Ali Bahmane
 
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