Edito
 

Le temps de la colère

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le 17.08.17 | 12h00 Réagissez


Le 3 février 2016, le leader kurde irakien Massoud Barzani affirmait que «l'heure est venue» pour les Kurdes d'Irak de se prononcer par référendum sur la création d'un Etat, ultime étape vers l’indépendance. Le processus paraît simple, mais en aucun cas logique, même si cette région est déjà autonome aux termes de la Constitution irakienne de 2005 qui a institué le fédéralisme. Et cela suscite de la colère, comme l’a fait savoir hier la Turquie en rappelant au leader kurde que ce référendum, prévu le 25 septembre prochain, conduirait à une guerre civile en Irak. Ankara réitère donc son opposition à ce référendum. L'Iran, qui compte une minorité kurde, y est également opposé, affirmant à cet égard que «la région du Kurdistan fait partie de la République irakienne et toute décision unilatérale prise en dehors du cadre national et légal peut seulement conduire à de nouveaux problèmes». Les deux pays réfutent ainsi les assurances de M. Barzani selon lesquelles ce référendum «ne mènerait pas nécessairement à la création immédiate d’un Etat kurde, mais permettrait de connaître la volonté et l’opinion du peuple du Kurdistan concernant son avenir». Le leader kurde a ainsi tout dit en ce qui concerne une lutte menée depuis des décennies et qui a rebondi à l’occasion des guerres menées contre l’Irak et, depuis peu, celle qui se déroule en Syrie.

Dans le premier cas, elle a d’abord commencé par une autonomie de fait depuis que l’ancien régime irakien sous Saddam Hussein était interdit de survoler ses provinces kurdes après la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, et s’est poursuivie par l’émergence d’une autorité du même nom, avec souvent des symboles de souveraineté qui n’échappaient ni au gouvernement central, qui a appelé le Kurdistan à ne pas faire sécession, ni au voisin turc craignant, il est vrai, que ce qui se passe dans ce territoire s’étende au sien où vit une importante communauté kurde. Tout comme c’est le cas en Iran et en Syrie. Cela s’est étendu territorialement dans ce dernier pays où le gouvernement central a recouru à une espèce de ruse de guerre consistant à retirer son administration de ce territoire peuplé de kurdes suscitant la colère du voisin turc qui appréhendait le vide qui allait être ainsi créé et que les Kurdes ont rapidement comblé. Y compris militairement puisque les Kurdes ont participé ces derniers mois aux guerres contre les mouvements extrémistes, intégrant différentes coalitions, ce qui est important à relever. Il y aurait donc un agenda, même si cela ne concerne que les Kurdes d’Irak et cette décision ne serait qu’un pas de plus dans un processus engagé depuis bien longtemps, donnant même lieu à des coups de colère, principalement du gouvernement central irakien au moins privé de revenus liés à l’exportation de pétrole par les autorités du Kurdistan. Quelle sera alors la prochaine étape dans une région fortement fragilisée par de nombreuses guerres ?
 

Mohammed Larbi
 
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