Edito
 

Le mur du silence

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 01.07.17 | 12h00 Réagissez


Il est de plus en plus question ces derniers jours des conflits en Afrique, il y en a toujours, mais aussi et peut-être même surtout des multiples interventions extérieures. A vrai dire, celles-ci ne se comptent plus tant elles sont nombreuses et prennent jusqu’aux formes les plus invraisemblables.

En ce sens, il a été beaucoup question du Rwanda, théâtre d’un des plus effroyables génocides que le monde ait pu connaître, et si l’opinion internationale sait en ce qui concerne le bilan ce qui s’est passé, elle ignore par contre tout des parties engagées ou impliquées à des degrés divers, mais s'en rend-on compte depuis en toute connaissance de cause ? Et dire que le monde était, en cette année de massacre, loin de savoir ce qui se tramait dans ce pays de la région des Grands Lacs, déjà enjeu, mais autant dire victime du triste congrès de Berlin de 1881 sur le partage de l’Afrique.

En 1994, le monde aura surtout entendu les appels au secours du général canadien Roméo Dallaire, exhortant déjà la communauté internationale à intervenir pour empêcher, sinon arrêter le massacre déjà en cours. Triste réaction, pour ne pas dire aucune. Mais pouvait-on aller vers autant de cynisme alors que des milliers de personnes étaient massacrées, alors que la communauté internationale était tenue à une certaine distance ?

Celle-ci n’apprendra que bien plus tard ce qui s’était passé, et depuis peu, avec quelles complicités étrangères. Plus grave que cela, cette incapacité de réaction était, disait-on alors avec force, due aux querelles entre puissances qui paralysaient tout débat et, par conséquent, l’envoi d’une force internationale, comme cela était souhaité. Se rend-on compte,  là serait l’origine du blocage ? Qui y croira ? C’est ce qui se disait à l’époque, sans jamais convaincre.

A ce point, et encore disait-on de la même manière, cela impliquait des puissances occidentales. Mais où est donc la vérité face à ce qu’il convient d’appeler la loi du silence, sinon la falsification des faits ? Elle est livrée par bribes, donc jamais en totalité, et elles mettent toutes en cause des puissances étrangères, ainsi que leurs armées et autres institutions. L’on croyait ainsi tenir le monde à l’écart, sauf que tout cela soulevait déjà à l’époque nombre de questions auxquelles le TPI (Tribunal pénal international) pour le Rwanda n’apportait à vrai dire pas la moindre réponse.

Tout juste des individus jugés et condamnés pour des actes qu’ils ont eux-mêmes commis ou organisés. Autant alors parler d’actes individuels qu’il ne s’agit en aucun cas d’ignorer ou de négliger, sans que le fond de la question soit au moins effleuré. Qui, par ailleurs, dira ce qui s’est réellement passé dans d’autres pays ? Comme la Libye devenue une destination très prisée de chefs d’Etat et d’hommes d’affaires, dès la levée de l’embargo qui la visait, avant d’être aujourd’hui au bord de l’effondrement et de la partition. Ou encore de la Syrie et de l’Irak. Dans de tels cas, pas la moindre question n’est de trop.
 

Mohammed Larbi
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie