Edito
 

Le Hamas ciblé

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 10.06.17 | 12h00 Réagissez


Que doivent penser les Palestiniens des récentes déclarations de dirigeants saoudiens après le processus de rupture et d’isolement de l’émirat du Qatar et pointant le mouvement Hamas ? Ils en seront très certainement surpris et même choqués, pour avoir voté pour ce mouvement qui incarne, selon eux, l’opposition au processus de paix avec Israël qui n’est d’ailleurs qu’un échec total. Le Qatar doit cesser de soutenir les «groupes extrémistes», a ainsi déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères, ajoutant que Doha «soutient le Hamas qui sape l'Autorité palestinienne et dont les dirigeants se trouvent au Qatar».

Ce pays ne s’en est jamais caché, et il a même fait preuve d’activisme fort remarqué et même frappé de suspicion les dirigeants palestiniens, ceux bien entendu reconnus par la communauté internationale, contenant difficilement leur colère. En fait, il a suffi de peu pour que ce mouvement, qui contrôle la bande de Ghaza depuis sa victoire aux élections municipales de 2005, soit classé  «organisation terroriste» comme l’ont fait quelques pays, très peu en fait, et Israël bien entendu. Ce qui n’est pas surprenant, même si des pressions avaient été exercées sur l’Autorité palestinienne pour qu’elle organise cette consultation, afin d’assurer un fonctionnement démocratique des institutions palestiniennes, assurait-on alors.

Quant au Hamas, il s'est dit «choqué» par de tels propos qui constituent «une incitation à la haine» contre lui. Voilà donc un élément nouveau dans le conflit du Proche-Orient que même la direction palestinienne n’a jamais abordé sous cet angle. Il est vrai que depuis des années, la rivalité qui les oppose est devenue publique, alors même que le mouvement Hamas essaye d’approcher la scène politique et même internationale à travers des positions qui ont cessé de le montrer comme un opposant à Israël, et même à un règlement pacifique de la question palestinienne. Sa plus récente position sur ce sujet, remonte au mois dernier, quand il a affirmé être prêt à accepter un Etat palestinien dans le cadre des frontières dites de juin 1967. Ou encore ces fameuses résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité adoptées à la suite de la guerre de juin 1967, et qui ont cessé d’être rejetées par son fondateur Cheikh Ahmed Yassine assassiné par Israël le 22 mars 2004 sur son fauteuil roulant. Pour beaucoup justement, une telle position rejoint celle de l’OLP. Une évolution qui a fait du Hamas un mouvement politique, son premier geste en étant sa participation à un processus électoral lui-même lié à l’application des accords palestino-israéliens de 1993. Plus qu’un simple changement, c’est plutôt un bouleversement auquel certains se montreront sourds, tandis qu’il prive Israël d’arguments. Il est à ce sujet fort regrettable que certains aient assimilé la résistance au terrorisme. Ce n’est pas une simple confusion, mais un choix politique clair. Sauf que celui-ci sera sans le moindre impact sur la résistance du peuple palestinien.
 

Mohammed Larbi
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie