Edito
 

Le dogme du non-endettement

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le 29.06.17 | 12h00 Réagissez

Erigée en dogme depuis la fin de la crise de la dette des années 1990, l’interdiction de recourir à l’endettement extérieur continue à être maintenue, malgré le tarissement de la rente pétrolière. Alors qu’il peine à trouver des sources de financement alternatives pour entretenir l’expansion de ses dépenses et maintenir par la même un niveau de croissance économique suffisant, l’Etat continue néanmoins à camper vaille que vaille sur sa position quasi dogmatique, d’éluder à tout prix l’option de recourir à des emprunts externes.

Après quelques atermoiements autour d’un possible accès à des financements extérieurs pour certaines entités économiques, le président de la République a vite fait de couper court à toute velléité de retour à l’endettement, érigeant cette vieille interdiction en principe inaliénable de la souveraineté économique nationale.

Lors du dernier Conseil des ministres qu’il a présidé, il y a à peine une quinzaine de jours, Abdelaziz Bouteflika a ainsi clairement et «fermement» instruit le gouvernement dirigé désormais par Abdelmadjid Tebboune d’«éviter tout recours à l'endettement extérieur», estimant que cela relève d’une nécessité absolue de préserver la souveraineté économique du pays.

Or, si l’option d’un retour à l’endettement implique effectivement une certaine prudence à observer quant à sa mise en œuvre, son rejet définitif et catégorique paraît néanmoins peu orthodoxe et peu rationnel eu égard notamment à la tendance continue à la raréfaction des ressources financières de l’Etat.

Comme le recommandent très objectivement le Fonds monétaire international (FMI) mais aussi nombre d’experts nationaux, de par le niveau actuellement très bas de sa dette publique, l’Algérie pourrait très bien envisager, en ce contexte de crise, d’élargir sa gamme d’options de financement, y compris en recourant à des emprunts extérieurs.

Pour l’institution de Bretton Woods, une telle alternative pourrait même être salutaire pour l’économie nationale et le budget de l’Etat, en ceci qu’elle permettrait d’opérer plus en douceur les douloureux ajustements budgétaires qu’impose désormais la situation critique des finances publiques.

Demeurant encore solvable avec un niveau de réserves de change supérieur à 100 milliards de dollars et une dette externe maintenue à moins de 4 milliards de dollars, soit moins de 3% du PIB, l’Algérie est ainsi parfaitement apte à envisager, sous certaines conditions, de recourir à nouveau à l’endettement extérieur pour éviter surtout d’aller plus brutalement vers la rigueur budgétaire et l’austérité.

Et quand bien même les prescriptions parfois trop libérales du FMI devraient être considérées avec prudence, le fait est que le dogme du non-endettement, tel qu’imposé par l’Exécutif, laisse pour le moins perplexe quant à ses motivations réelles et à son caractère quasi obsessionnel. Sans doute redoute-t-on d’emblée les risques forcément très élevés d’un mauvais usage de l’argent qui viendrait d’un éventuel endettement…

Akli Rezouali
 
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