Edito
 

La Syrie et ses guerres

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le 24.06.17 | 12h00 Réagissez


Il ne peut pas mettre fin à la guerre, cela dépendant d’autres facteurs, ou plus précisément des forces aussi diverses que nombreuses que ni lui ni l’ONU ne maîtrisent, mais le secrétaire général de cette organisation, tenue à l’écart de la guerre en Syrie, refuse d’être enfermé dans une espèce de mutisme qui sera contesté de toutes les manières par l’opinion internationale. Antonio Guterres a pensé en effet aux populations civiles prises en étau dans les combats et même utilisées comme bouclier humain.

Ou encore emportées dans les combats qui se déroulent dans ce pays depuis six longues années. Erreurs de frappe, dit-on souvent, ou encore pertes collatérales, que l’on se garde d’admettre, car les procédures d’enquête sont longues. Et même trop, pour que de telles affaires soient oubliées. C’est en ce sens qu’intervient l’appel du secrétaire général de l’ONU qui a demandé aux forces soutenues par les Etats-Unis de protéger les civils dont la situation, a-t-il dit, est désespérée, et les infrastructures civiles dans leur offensive contre la ville de Raqqa, bastion du groupe Etat islamique (EI) en Syrie.

En fait, le plus haut responsable a dit beaucoup plus que cela en parlant de civils «emprisonnés (faisant) face à des menaces de toutes les directions». Un constat sévère, mais pas infondé, comme le souligne un autre bilan indiquant que les raids de la coalition internationale antidjihadiste, menée par les Etats-Unis en Syrie, ont causé la mort de 472 civils depuis un mois, soit le double du bilan des 30 jours précédents. Mais ils sont près de 2000, les civils syriens victimes de ces bombardements.

Ce qui renseigne sur l’âpreté des combats, mais pas toutes les batailles qui sont menées sur plusieurs fronts et qui éloignent la perspective d’un accord négocié. Tout indique en effet que de nouveaux enjeux sont apparus, avec de nouvelles forces sur le terrain, cette fois opposées à celles du pouvoir, lesquelles ont entrepris de reconquérir les positions qu’elles avaient perdues. Plus question pour ces dernières, soutenues militairement par la Russie et l’Iran, de perdre les avantages acquis et même de les partager, et pas question non plus pour les forces d’opposition de stopper leur avancée et de renoncer à leurs gains territoriaux.

Des alliances jamais nouées officiellement, forcées pendant un temps au moins par l’émergence d’une force qui menace aussi bien les uns que les autres. Ou de simples ruses comme le retrait par Damas de son administration de zones à population kurde, un vide rapidement comblé par les formations locales, jusqu’à susciter la colère du voisin turc, mais tout indique qu’elles étaient strictement tactiques et donc éphémères.

Des ruses sans plus, puisque si une guerre est menée contre l’EI par toutes les forces présentes sur le terrain, une deuxième oppose ces mêmes forces, comme s’il s’agissait là de l’ultime bataille qui mettrait fin au conflit syrien. Sauf que l’intervention de forces étrangères laisse ouvertement craindre un risque d’escalade. De quelle nature et jusqu’à quel niveau ? Le monde appréhende fortement cette nouvelle guerre en Syrie.
 

Mohammed Larbi
 
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