Edito
 

La Star Academy de l’audiovisuel

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le 19.10.17 | 12h00 Réagissez


Les intentions du gouvernement et du pouvoir en matière d’organisation et de gestion du secteur de l’audiovisuel privé ont été explicitées dans un arrêté du ministère de la Communication publié au dernier Journal officiel. S’il y avait encore le moindre doute sur la volonté proclamée par l’Etat d’ouvrir le champ audiovisuel dans le sens de la diversification des supports audiovisuels, du pluralisme, de la saine concurrence et d’une plus grande écoute quant aux préoccupations de la société, il est définitivement consommé avec cet arrêté ministériel qui remet les pendules à l’heure du système de monopole qui ne dit pas son nom.

En limitant le spectre des chaînes autorisées à émettre à sept entités dans des créneaux et des thématiques fixés par voie réglementaire, dont une chaîne dédiée à l’actualité politique, économique et sociale et le reste à la jeunesse, à la cuisine, aux découvertes, au divertissement, au sport…, le gouvernement entend manifestement baliser et contrôler rigoureusement le champ d’intervention de ces chaînes et leur contenu informationnel. Officiellement, la faiblesse du réseau des chaînes privées légales, qui devront composer le nouveau paysage audiovisuel privé, est justifiée par l’offre technique limitée en matière de fréquences satellitaires. Cette situation de pénurie réelle ou fabriquée à dessein suscite de légitimes inquiétudes au sein des staffs et des rédactions de bon nombre de chaînes en service qui craignent que la décantation ne se fasse à la tête du client, selon un scénario écrit et validé à l’avance pour ne retenir que certaines chaînes connues comme étant des relais cathodiques du pouvoir.

En vérité, le processus d’épuration politique du champ audiovisuel naissant a commencé avec la fermeture administrative de certaines chaînes gênantes pour le pouvoir et la faillite économique provoquée d’autres entreprises audiovisuelles victimes de leur ligne éditoriale qu’elles ont payé cash en se voyant priver de la publicité, principale source de financement, comme ce fut le cas de KBC. Le jeu est tellement biaisé à la base et la connivence si criante entre le pouvoir et les heureux élus qui seront sans surprise retenus dans ce tri sélectif joué d’avance qui départagera les différentes candidatures, que les noms des lauréats de la Star Academy de l’audiovisuel annoncée ne laissent place à aucun suspense. Les tickets gagnants sont déjà virtuellement distribués avant l’ouverture des plis pour récompenser de «loyaux et bons serviteurs» dont le pouvoir a besoin pour faire face aux défis de la crise et de la succession.

D’ailleurs, est-ce un hasard si, anticipant sur l’avenir, des agréments ont été accordés par les autorités à cinq chaînes de télévision triées sur le volet sur la soixantaine existantes, toutes de droit étranger, alors qu’il eût fallu attendre la promulgation des textes réglementaires pour assainir le secteur et donner une assise légale aux projets existants et nouveaux ? Les places sont donc déjà prises au nom de la «légitimité historique» ; il ne reste dans la course, selon l’offre de l’arrêté ministériel, que deux places à pourvoir. Avec un tel synopsis tiré de ces films à faux suspense dont on devine dès les premières scènes la fin de l’histoire, que peuvent valoir alors les assurances et les conditionnalités posées par l’Etat pour la recevabilité des candidatures par l’Autorité de régulation de l’audiovisuel qui n’est qu’un sous-traitant de l’autorité politique qui délivre le quitus ?
 

Omar Berbiche
 
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