Edito
 

La réforme oubliée

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le 14.08.17 | 12h00 Réagissez


La crise politique que vit le pays a pour conséquence l’ajournement des projets de réforme dans les secteurs les plus sensibles. Le sort du projet de loi sur la santé est le plus emblématique de l’indécision gouvernementale. Ballotté d’une session parlementaire à une autre, retiré ou gelé, le nouveau texte de loi devant réguler le secteur de la santé est en passe d’être mis aux oubliettes.

Même si, dans la tradition nationale, les textes réglementaires ne coïncident que très approximativement avec la pratique effective, la nouvelle loi sanitaire, telle que présentée par les cadres du ministère de tutelle depuis au moins 2015, promettait de sortir du schéma ancien, désuet et devenu mortel, où le système de santé repose uniquement sur des polycliniques sous-équipées et des hôpitaux sans personnels. Il s’agissait, dans l’esprit des concepteurs de ce projet, d’adapter les textes à des situations de fait, d’intégrer dans un cadre réglementaire le secteur privé dans le système national de santé. «Les démunis vont avoir accès au privé et c’est l’Etat qui va financer», avait alors titré le site d’une radio publique. Les grandes lignes de ce texte suggéraient également la fin proche du sacro-saint principe de la médecine gratuite, comme cela a été relevé par des représentants de partis très attachés à certains dogmes politiques. Cette perspective d’une nouvelle passe d’armes sur un dossier à très fort impact sur l’opinion a fait reculer un pouvoir toujours pris entre une élection et une autre.

Dans les faits, le patient paie toujours, parfois de sa vie, mais immanquablement de sa poche et de celle de son entourage. La seule option de réforme pour remettre sur pied le système de santé, et de rompre avec le syndrome du couloir de la mort, est de trouver les voies et moyens d’accompagner le malade là où il trouve des soins de qualité. Il ne sert à rien d’installer dans un hôpital public un scanner acquis pour plusieurs milliards et de renvoyer intégralement, faute de radiologue, tous les patients qui viennent solliciter des examens sur ce même équipement. Le montant de cette acquisition peut tout simplement couvrir les frais des examens effectués dans les structures privées sur plusieurs années et pour de nombreux malades. Il suffit de faire le bilan des services équipés à très forts budgets pour se rendre compte que l’utilisation des appareils de pointe demeure confidentielle. Les chaînes d’attente, par contre, grossissent dans les cliniques privées où les équipements sont aussi opérationnels que les personnels spécialisés. La récente instruction ministérielle demandant aux structures privées d’assurer les urgences et la garde est, d’ailleurs, étonnante.

C’est déjà en vigueur. Les directeurs de clinique et leurs médecins sont joignables et mobilisables à tout moment. Le seul élément qui prive un malade de soins adéquats est l’absence de moyens financiers.
Dans la tragique affaire de la parturiente de Djelfa décédée en cours d’évacuation et dans d’autres drames ayant eu pour théâtre le système déliquescent de la santé publique, ce ne sont pas seulement les personnels présumés négligents qu’il faut poursuivre, mais également l’Etat qui n’accompagne pas et ne couvre pas les malades dans les services de soins réellement opérationnels.

Djaffar Tamani
 
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