Edito
 

La «petite tsarine» en Russie

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le 14.06.18 | 12h00 Réagissez

Avant d’aller trôner du côté du désert brûlant du Qatar en 2022, Dame Coupe du monde de football, baptisée affectueusement par ses hôtes «petite tsarine», séjournera pendant un mois sur toute l’étendue de la froide Russie, où 32 nations qualifiées tenteront d’arracher, à partir d’aujourd’hui, ses faveurs.

Alors que l’on ne lui prédisait pas un grand avenir à son avènement en 1930 (avec 13 nations participantes), surtout après la parenthèse de la Seconde Guerre mondiale, la Coupe du monde a gagné, au fil du temps, ses lettres de noblesse et s’est affirmée dans le giron international sinon comme le plus grand événement planétaire, du moins le plus passionné.

Le cœur du monde battra en effet au rythme d’une compétition qui sera suivie par près de 4 milliards de personnes et plus rien dans l’actualité n’aura de relief que les exploits de ces footballeurs, gladiateurs des temps modernes, qui charrient dans leur sillage des intérêts économiques et financiers colossaux et que la façade de leurs prouesses techniques cache aux yeux de l’opinion publique. La FIFA, en grand maître de cérémonie, brasse des milliards et attire les convoitises de la corruption et de l’argent malodorant.

Les spécialistes n’oublient pas les scandales qui ont secoué, il y a peu de temps, la «maison de verre» et ont encore en mémoire le flou qui a orchestré la désignation de la Russie et du Qatar comme pays hôtes en 2018 et 2022.

Depuis le début de ce millénaire, la FIFA a beaucoup perdu de son innocence. De Joao Havelange à Joseph Blatter, les «excroissances» de l’instance mondiale se sont démultipliées.

De pratique sportive à caractère amateur au début de l’ère romantique, le football est devenu une gigantesque mécanique qui emploie (directement ou indirectement) des centaines de millions de personnes à travers le monde. Une cohorte de sponsors strictement intéressés par l’accumulation capitalistique et une multitude de sociétés-écrans de tout acabit impliquées dans la recherche de profits faciles déteignent, dit-on, sur la philosophie adoptée ou sur des décisions majeures prises par la FIFA. Il en est ainsi de la récente mesure imposée par cette dernière de relever le nombre d’équipes participantes à 48 au lieu des 32 actuelles.

Cette participation plus large ne dupe personne : elle a été décidée moins pour relever la qualité du jeu que pour engendrer encore plus de flux financiers et de profits…
Mais les retombées financières n’occultent pas complètement d’autres aspects, notamment ceux liés à l’intrusion de la politique dans le sport et particulièrement le football. Des tenants d’un pouvoir autoritaire, parfois des potentats, s’investissent dans des opérations de marketing aux fins de redorer leur blason terni par des atteintes décriées aux niveaux local et international. L’ordre établi russe avait cette arrière-pensée au moment de solliciter et remporter l’organisation des Jeux olympiques de Sotchi 2014 (immense scandale de dopage des athlètes russes) et du Mondial 2018. Impliqué militairement en Ukraine (annexion de la Crimée) et en Syrie, mis à mal au plan intérieur par des atteintes aux droits humains et à des restrictions en matière de liberté d’expression et de la presse, Vladimir Poutine compte sur la «petite tsarine» (le trophée de la Coupe du monde) pour donner de lui-même une image soft et de son pays le reflet d’une nation fière de sa force, de son unité et de sa modernité. Il n’a fait qu’emboîter le pas à beaucoup d’autres dirigeants autoritaires qui ont récolté, avant lui, des lauriers éphémères. Jalouse de son prestige, la Coupe du monde ne conditionne que sa propre histoire, pas celle des autres…

Omar Kharoum
 
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