Edito
 

La logique de terrain

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le 16.12.17 | 12h00 Réagissez


A chaque partie sa chance, et même son round, devrait-on dire au sujet des négociations inter-syriennes entamées dès le début du conflit en 2012, et qui n’ont jamais connu un cours normal. Mais c’est quoi au juste un parcours de cette nature qui serait semblable, dans la forme bien entendu, avec ce que l’on sait traditionnellement du principe même de la négociation ?

A moins d’un acte de reddition que les parties impliquées doivent en négocier les formes et les conditions, il est par ailleurs toujours question de gain, sinon de limitation des pertes. Ainsi en est-il du conflit syrien dont on ne compte plus les parties engagées ou impliquées, et dont le règlement envisagé dans le cadre de l’ONU, avec des pourparlers de paix tenus à Genève, avec un émissaire rendant régulièrement compte aux plus hautes instances de l’Organisation internationale, n’a jamais abouti sur quoi que ce soit.

Pas le moindre engagement laissant envisager un règlement politique, ce qui aurait supposé un arrangement, donc des concessions de part et d’autre. Ce que l’on désigne par la logique de terrain a dominé tout le parcours, poussant les différents médiateurs de l’ONU à renoncer à leur mission et même plus vite que prévu, jugeant la mission difficile, voire même impossible.

Le dernier d’entre eux en a tiré la même conclusion. Une profonde déception et une trop grande amertume, alors même que la situation sur le terrain ainsi que les changements de position de nombreux Etats semblaient accompagner et donc tenir compte de l’évolution de la situation au plan militaire avec une réoccupation du terrain par l’armée régulière soutenue par son homologue russe.

La conséquence en est claire. Elle l’est même depuis un certain temps, avec des déplacements en Syrie de délégations étrangères. Dans un cadre officieux, s’empresse-t-on de dire, quand de tels contacts étaient dévoilés. Ce qui veut dire un retour en force du régime syrien, et donc son maintien, conséquemment, un réaménagement de l’agenda de la négociation, quand, bien entendu, celle-ci était envisagée, parce que c’est ainsi que la réflexion est menée depuis le début de cette guerre.

Quelle chance donc pour la négociation, puisque pas la moindre partie n’y est opposée du point de vue du principe ? Une perte de temps et un gâchis si l’on devait s’en tenir aux propos de l’émissaire onusien qui vient de déclarer qu’«une chance en or a été ratée à la fin de l'année, au moment où il y a une claire indication de tous les côtés que les opérations militaires arrivent à leur terme».

Et surtout de souligner que «tout le monde est convaincu que faute d'un clair processus politique, on risque de ne pas avoir tiré la leçon de Mossoul, et on risque de ne pas pouvoir récolter la paix», mettant clairement en cause la délégation gouvernementale. Mais autant dire que cinq années après avoir été lancées, il n’y a jamais eu de vraies négociations. Qu’en reste-t-il donc ? Des regrets très certainement, mais aussi une certaine incertitude, malgré les victoires de l’armée régulière et sa réoccupation du terrain avec, cette fois, un fort impact sur les relations internationales.

Mohammed Larbi
 
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