Edito
 

La liberté de la presse et les petits fours

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le 25.10.17 | 12h00 Réagissez


La célébration dimanche de la Journée nationale de la presse et la cérémonie de remise des prix du président de la République n’ont pas fait de ces événements purement protocolaires des moments forts symbolisant véritablement un bond qualitatif de la liberté d’expression et de la presse en Algérie. Le rituel message que le président de la République adresse aux journalistes et à la corporation en cette occasion et par lequel il titille l’ego de la presse en délivrant un discours de circonstance, louant l’engagement et le patriotisme de la presse nationale, apparaît bien décalé par rapport aux pressions subies et aux funérailles programmées auxquelles la presse privée est invitée fatalement à se préparer, de l’aveu même du ministre de la Communication.

C’est comme si on demandait aux rédactions précarisées et menacées dans leur existence par un système qui démontre chaque jour son aversion pour la liberté de la presse de célébrer en cette journée «particulière» leur mort annoncée, dans la joie et l’allégresse. L’indifférence dans laquelle l’événement a été commémoré dans les salles de rédaction démontre clairement que le mal qui ronge la presse est profond et ne peut être soulagé, encore moins guéri par des opérations de «com» et des invitations à de petits fours. Les invitations sélectives adressées aux représentants de la presse pour assister à la cérémonie officielle d’attribution du prix de la presse du président de la République et où l’on notait l’absence de nombreux pionniers de la presse, ignorés, bannis trahissent cette vision sectaire du pluralisme médiatique en Algérie que le pouvoir a toujours cultivée. Il faudrait peut-être s’interroger pourquoi le prix du président de la République ne suscite pas un grand enthousiasme dans les salles de rédaction ! C’est plus les récompenses pécuniaires qui font rêver les postulants, surtout les jeunes journalistes payés au smig qui ont tenté leur chance dans la compétition. Mais la participation et le nombre ne sont pas forcément des signes d’adhésion au projet pour le secteur de la communication porté par le pouvoir.

Ce genre de prix est censé récompensé des talents, des principes universels qui fondent le métier d’informer : l’objectivité, le respect de l’éthique et de la déontologie, le professionnalisme, le courage de dire et d’écrire surtout dans un pays où la liberté de la presse et d’expression est un combat au quotidien. Mais l’expérience des éditions qui se sont succédé a montré que les lauréats sont choisis sur la base de critères qui n’ont rien à voir avec toutes ces valeurs. Même les thématiques retenues sont soigneusement étudiées pour rester dans un cadre soft et apolitique. Il est difficile de croire alors à l’impartialité du jury quand on voit, comme c’est le cas cette année, les différents prix, tous supports confondus — presse écrite et audiovisuelle —, revenir tous aux médias publics. Le fait qu’aucun journaliste de la presse privée, y compris celle présentée comme étant un relais du pouvoir, ne soit pas retenu dans le lot des lauréats de cette année — et ce n’est certainement pas faute de candidats ou d’articles de qualité engagés dans la compétition — concourt insidieusement au travail de sape de la presse privée présentée aux yeux de l’opinion comme une presse antipatriotique, médiocre, non professionnelle, dépourvue de talents, mercantile et loin des préoccupations de la société.
 

Omar Berbiche
 
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