Edito
 

La leçon africaine

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le 14.10.17 | 12h00 Réagissez


L’Afrique subsaharienne est certainement une région d’avenir tel que le prédisent les politologues et les économistes. Elle est désormais citée en exemple pour son développement économique, politique et social, alors qu’une zone voisine, le Monde arabe, stagne totalement et certains de ses pays sont en voie de disparition à cause de dictateurs corrompus, de malfras irigés en chefs d’Etat qui ont empêché leurs peuples de se développer en les maintenant volontairement dans un sous-développement multiforme et en les empêchant d’accéder à la démocratie. Il ne peut y avoir de développement sans justice, sans épanouissement démocratique, sans une politique de santé au service du peuple.
L’Afrique au sud du Sahara l’a très bien compris.

Un autre exemple en ce sens vient de l’Afrique du Sud. La justice de ce pays a confirmé hier que le président Yacob Zuma pouvait être poursuivi pour corruption dans un dossier relatif à des ventes d’armes, a annoncé NAGBA qui signale qu’il est retenu contre lui 783 chefs d’inculpation pour corruption, fraude fiscale et extorsion de fonds, notamment des pots-de-vin pour un contrat d’armement de 4,2 milliards d’euros. Si la procédure ira jusqu’au bout, nous assisterons certainement à l'emprisonnement du président de la première puissance économique et militaire d'Afrique. Du jamais vu dans l’histoire du continent où les chefs d’Etat souvent ne terminent pas leur mandat à cause soit d’un coup d’Etat, soit de leur assassinat pur et simple. Mais l’Afrique a évolué. Nous assistons à la naissance d’une société civile qui n’hésite plus à occuper la rue pour s’opposer aux dérives dictatoriales ou autoritaires.

Des institutions solides — qui survivent «aux événements et aux hommes», comme on disait à une certaine époque en Algérie, lorsque celle-ci avait encore du respect à travers le monde — ont été mises en place. C’est ce qu’a fait le géant Nelson Mandela pour son pays, instruit par l’expérience post-indépendance de l’Afrique. Il a laissé des institutions qui ne seront jamais au service de l’homme fort du moment, surtout la justice qui échappe totalement à son contrôle et qu’il ne peut par conséquent instrumentaliser à son profit et pour ses intérêts et ceux de sa famille et de son clan.

On rêve d’avoir une telle justice dans cette Algérie soumise, après les turbulences coloniales, aux caprices de ses dirigeants qui ont en fait un bien propre. Son peuple subit aujourd’hui des humiliations qui font jouir sous cape les anciens colonisateurs et qui ont fait dire à une grande figure de la Guerre de Libération, Salah Boubnider, dit Saout El Arab : «Nous avons libéré ce peuple du joug du colonialisme et nous l’avons laissé entre les mains de gens pires.»
Si l’héritage de Mandela est respecté par ses compatriotes, on ne peut (pas en) dire autant de l’Algérie où l’héritage des grands hommes, qui ont déclenché la Révolution et nous ont libérés, a été totalement dilapidé. La «Mecque des révolutionnaires» est devenue le haut lieu de la traîtrise, de la corruption, de la mauvaise gouvernance, du projet d’éclatement de l’Algérie, et ce, depuis 1999.

Tayeb Belghiche
 
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