Edito
 

La France et nous !

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le 14.06.17 | 12h00 Réagissez


La visite du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sonne comme un nouveau démarrage dans les relations entre l’Algérie et la France. La courte durée de la visite n’enlève rien à l’importance de cette initiative, qui intervient à un moment où les intérêts de plusieurs puissances se croisent dans la zone du Sahel et en Libye. Cette «lune de miel», qui se renouvelle à chaque fois, ne concerne pourtant pas tous les dossiers.

L’Algérie et la France, que l’histoire, l’économie et la géographie unissent de facto, sont obligées de trouver des terrains d'entente sur des questions aussi sensibles que la Libye et la sécurité dans le Sahel. Car, si les discours sont souvent arrimés pour ne pas laisser sortir des sons discordants, le terrain est souvent plus compliqué qu’on le pense. L’Algérie, qui partage des milliers de kilomètres de frontières avec des pays qui vivent dans des situations sécuritaires chaotiques, ne peut avoir les mêmes visions avec un pays distant de plusieurs milliers de kilomètres de ces terrains minés.

Il est vrai que – comme le disait le président français, Emmanuel Macron – Paris a perdu des hommes et de l’argent dans des terrains de conflits comme le Mali. Sauf que le jeune chef d’Etat a oublié de rappeler que si la France a payé cette dette, c’est avant et après tout  pour protéger ses propres intérêts. Une attitude légitime qui n’est pas forcément celle d’un pays comme l’Algérie qui vit dans sa chair ces guerres qui se trouvent à ses frontières. Des milliers de soldats algériens sont postés tout  le long des frontières, tandis que des populations de ce grand Sud désertique sont parfois poussées à consentir des sacrifices – avec notamment la fermeture des frontières – comme gage de leur participation à l’effort de sécurisation du pays.

En plus de cette problématique du Mali, les Français savent que l’intervention de leur aviation, en 2011, est une erreur que d’autres peuples de la région sont toujours en train de payer. Mais, «à quelque chose malheur est bon», cette chevauchée française a tout de même démontré la limite de l’intervention armée dans des terrains aussi minés que la Libye. Six ans après les bombardements des Rafale français, notre voisin de l’Est vit toujours dans le chaos que le crépitement des armes ne pourra calmer. C’est l’urgence d’éviter une intervention armée en Libye et potentiellement au Mali que Le Drian, qui précède une visite de Macron, est venu confirmer auprès des Algériens. Une sage attitude qui préludera, probablement, à trouver une solution plus politique, donc moins coûteuse en vies humaines. Pour le reste, Alger et Paris ont toujours su sauvegarder leurs bonnes relations économiques. C’est d’ailleurs là un des rares secteurs dans lesquels il y a moins de couacs.

Ali Boukhlef
 
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