Edito
 

La fin d'un despote

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le 16.11.17 | 12h00 Réagissez


Putsch militaire ou opération de sauvetage d’un pays à la dérive ? L’armée zimbabwéenne a placé, hier, le président Robert Mugabe, au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1980, en résidence surveillée pour, officiellement, le «protéger» des criminels qui l’entourent.
Selon le haut responsable militaire qui a annoncé la nouvelle, l’armée, qui intervient pour la première fois dans la vie politique, retournera dans les casernes quand la situation sera normalisée.

La crise a éclaté la semaine dernière entre le chef de l’armée et le Président, lorsque ce dernier a limogé le vice-président, Emmerson Mnangagwa, un vétéran de la guerre de libération. En réalité, ce n’était qu’un prétexte. Le pays était au bord de l’implosion. Depuis qu’il a accédé au pouvoir, Mugabe, s’appuyant sur son parti, la ZAnu-fp (Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique), a gouverné le pays d’une main de fer, ne laissant que très peu de place à l’opposition et le plongeant  dans une tension permanente.
A l’indépendance, le Zimbabwe était le premier pays de l’Afrique australe usant de démagogie et sous prétexte d’«africanisation», il a entraîné le pays dans une impasse économique totale, au point qu’il a dû transformer sa monnaie nationale pour la remplacer par le dollar américain et le rand sud-africain. La catastrophe est telle, que le chômage touche 90% de la population active. Harare, qui ressemblait dans les années 1980 à un immense parc en fleurs, est tombée en décrépitude. Malgré son échec et son état de santé qui laisse à désirer, Robert Mugabe, 93 ans, n’a pas eu la dignité d’abandonner le pouvoir pour laisser la place à plus jeune. Au contraire, il a annoncé son intention de se représenter en 2018 pour un nouveau mandat de 7 ans.

Plus grave encore, sa deuxième épouse, Grace, n’a pas caché son ambition de succéder à son mari et fait tout pour. Critiquée pour son goût excessif du luxe et ses colères intempestives, elle a par ailleurs été accusée d’avoir voulu empoisonner le vice-président déchu, parce qu’elle le soupçonnait de vouloir lui faire barrage. C’est aussi son comportement qui a poussé l’armée à intervenir pour arrêter un désastre programmé. Il faut dire que le peuple zimbabwéen a fait preuve d’une grande patience face à la voracité de son Président et de sa famille qui ont pratiquement privatisé le pays, qui était considéré comme un paradis sur Terre, avec son climat exceptionnel. Mugabe était devenu l’exemple à ne pas suivre. Rares sont les pays qui étaient au sommet et qui ont atteint le fond. Le Zimbabwe est de ceux-là.

Tayeb Belghiche
 
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