Edito
 

La désertion ou la mobilisation

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le 17.05.18 | 12h00 Réagissez


Abasourdie, tétanisée, comme sous l’effet d’hypnose, la classe politique donne l’impression de céder définitivement son sort au destin. Elle n’anticipe pas, elle subit les événements. Elle n’est pas dans l’action, elle est dans la réaction.

C’est vrai que rien n’est fait pour que l’exercice de la politique se libère de l’étouffement et de l’asphyxie mortelle, savamment mise en œuvre par le système mis en place depuis presque 20 ans par Abdelaziz Bouteflika, mais est-ce une raison suffisante pour que les élites politiques renoncent allègrement devant la difficulté de construire une alternative fiable, capable d’être portée par les Algériens ? Quelle est, en effet, la part du pouvoir et celle de la classe politique dans la congélation de l’exercice de la politique dans le pays ? Les temps sont effectivement durs et difficilement surmontables, tant les moyens mis en œuvre par les tenants de la décision et du pouvoir sont énormes.

Si la corruption, la dissuasion, toutes sortes de pressions, la marginalisation, le monopole total sur les médias étatiques, la fermeture de l’espace public, l’usage de la force et la manipulation ont assurément réussi à entraver, voire détruire l’initiative politique, c’est parce que les tenants du pouvoir n’ont pas rencontré de résistance de la part d’une classe politique déchirée par les luttes de leadership et d’ego. Le résultat est terrifiant : on est à moins d’une année de l'élection présidentielle, une échéance dont nul n’ignore les enjeux pour le pays, et rien ne vient pour autant remuer les consciences, les tirer de leur léthargie et de leur passivité.

Même pas les images ahurissantes d’un président de la République fatigué par la maladie et dont on veut bien faire accroire qu’il suit avec «alacrité» tous les dossiers, et à jour dans la gestion des affaires publiques. Mieux encore, capable de briguer, malgré son état de santé, un 5e mandat. Bien que personne, aucun Algérien doté de bon sens ne peut avaler une telle couleuvre, allez comprendre alors comment le projet est en train de faire son petit bonhomme de chemin et plonge, par là même, la classe politique dans une profonde hypnose. Une sorte d’inhibition qui l’empêche de se construire et d’imposer une issue à la crise qui secoue le pays. Tout le monde semble, en fait, résigné à attendre un hypothétique renoncement au pouvoir de la part d’un homme et du système qu’il a mis en place qui apparaissent plutôt, et résolument, dans l’optique et sur la voie de s’y accrocher définitivement.

Que peuvent apporter les constats ici et là, aussi justes soient-ils, sur l’état de la nation ? Quel effet peuvent provoquer les critiques qui fusent de toutes parts sur la gestion des affaires de l’Etat, si leurs auteurs ne convergent pas vers des initiatives politiques consensuelles et concrètes, capables de mobiliser les Algériens pour un changement pacifique salvateur ? Ne serait-il pas peut-être temps de présenter à ces derniers un vrai projet, le leur expliquer avant qu’il ne soit trop tard ? Prendre l’option de ne pas s’organiser et boycotter la prochaine élection présidentielle, si le chef de l’Etat en exercice brigue un 5e mandat, ou au motif de fraude, ne serait-elle pas une solution de facilité ? La classe politique est en définitive entre le choix de la désertion ou de la mobilisation.

Said Rabia
 
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