Edito
 

La dernière chance ?

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le 20.07.17 | 12h00 Réagissez


Le gouvernement de M. Tebboune aura-t-il les coudées franches pour aller jusqu’au bout de sa logique, aussi bien en matière économique que sur le front politique et social ? S’il est attendu de lui des mesures hardies contenues dans une véritable stratégie de sortie crise, il n’en demeure pas moins qu’il aura besoin d’un large consensus social et politique pour son application.

Condition sine qua non pour une adhésion aussi large que possible, y compris sur des mesures difficiles à faire passer auprès d’une majorité de citoyens, quand on pense notamment à la révision de la question des subventions, notamment celles concernant les produits énergétiques, les carburants ou l’électricité.

Ce qui devrait avoir des répercussions directes sur les citoyens qui paieront plus cher leur consommation d’essence, de gasoil ou électrique dans un premier temps, sans compter l’effet boule de neige qu’entraîneront ces augmentations sur d’autres produits ou services. C’est en définitive l’Algérien lambda qui sera touché directement au niveau du porte-monnaie.

On s’attend donc à une rentrée sociale des plus «chaudes» et à des fins de mois difficiles pour les bas revenus dans les deux ou trois prochaines années, d’autant que tous les experts s’accordent à reconnaître qu’il ne faudra pas s’attendre à un rebond pour les jours qui viennent des cours pétroliers, laissant espérer une amélioration plus que sensible des ressources financières du pays.

Beaucoup de spécialistes affirment qu’au rythme actuel de la consommation des Algériens, le pays sera contraint de puiser, pour la même période, dans le «bas de laine» que représentent les 100 milliards et quelques du Fonds de régulation de recettes, le fameux FFR, avant son assèchement total au plus tard aux alentours de 2020… C’est dire combien le contexte économique et social s’annonce tendu, difficile pour les jours à venir. Période critique dans laquelle s’inscrit la prochaine élection présidentielle de 2019, qui risque d'être très problématique compte tenu de la maladie du président de la République et des incertitudes qui entourent la question de la succession.

Il ne reste que peu de temps pour redresser la barre et faire oublier au sein de l’opinion qu’en presque deux décennies, Abdelaziz Bouteflika n’aura réussi qu’à faire installer l’Algérie dans une inconfortable «transition» qui s’est soldée par une crise économique et financière sans doute inégalée, alors que les ressources laissaient espérer enfin l’opportunité d’un réel décollage économique.

Un gaspillage énorme pour des résultats insignifiants qui laisse supposer par la même l’ampleur de la corruption qui a entouré l’utilisation de l’argent public, dont une bonne partie a été accaparée par des milieux d’affaires qui se revendiquaient de leur proximité du pouvoir. De véritables forces d’inertie pour l’Exécutif, aujourd’hui mis au pied du mur, dans un contexte de crise et par conséquent sommé de réussir, qu’il doit neutraliser au profit de nouveaux consensus. C’est sans doute la dernière chance.

Reda Bekkat
 
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