Edito
 

L’urgence de nettoyer les écuries d’Augias

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le 25.07.17 | 12h00 Réagissez


En l’an 2000 de notre ère, des jeunes Algériens, voulant s’inscrire dans des universités françaises ont adjoint à leur demande des coupons-réponse d’une valeur de 2 euros environ. Mal leur en a pris. Ils ont été convoqués par la police pour… exportation illégale de devises. Il n’y avait pas eu de suite parce que leur démarche était innocente et qu’ils étaient mus par un bel idéal. A l’époque, il y avait encore des institutions qui fonctionnaient, une justice qui faisait son travail plus ou moins correctement, une APN et un Sénat qui remplissaient leur rôle tant bien que mal. Bref, il y avait un Etat.

En 1999, Abdelaziz Bouteflika avait une autre idée de l’Etat. «Je ne veux pas être un quart de Président», disait-il. A partir de ce moment, il s’est accaparé de tous les leviers de commande, allant jusqu’à se déclarer «rédacteur en chef de l’APS» et à nommer les secrétaires généraux des mairies. Il s’était surtout arrangé pour mettre toutes les institutions à sa botte.

A leur tête, il avait nommé des hommes qui lui étaient totalement inféodés et qui, de ce fait, avaient transformé ces institutions en coquilles vides comme la Cour des comptes, le Conseil d’Etat, le Conseil constitutionnel, le CNES, les deux Chambres. Il n’y avait plus de contre-pouvoir. Même les partis d’opposition avaient été laminés.

A partir de là, toutes les dérives étaient permises. Les rapports de la Cour des comptes, par exemple, n’étaient plus rendus publics, le CNES a été dépouillé de son esprit critique, le Conseil constitutionnel n’osait pas ou ne voulait pas se prononcer sur la santé du chef de l’Etat. Mais, plus grave encore, ces dernières années ont été marquées par une généralisation de la corruption qui a attaqué le corps social tel un cancer.

Des fortunes nouvelles sont apparues sur la scène, alimentant les frustrations des citoyens. Par on ne sait quel coup de baguette magique, de nouveaux riches se sont mis à afficher ostensiblement le produit de leurs scandaleuses rapines en toute impunité, provoquant une
effroyable hémorragie dans les caisses de l’Etat. L’impunité était garantie, pour peu qu’ils fassent allégeance, la «baïa» comme on dit au Maroc, au pouvoir en place.

Chakib Khelil a failli livrer notre seule richesse, le pétrole, aux Américains et il n’a jamais été inquiété pour les millions de dollars qu’il a empochés. Il s’est même permis de faire campagne… pour succéder à Bouteflika. Amar Saadani, un aventurier venu de Tunisie, s’est rempli les poches et s’est même permis d’avoir des résidences à Londres, Paris, et en Espagne. Amar Ghoul, cité dans les affaires de corruption liées à l’autoroute Est-Ouest est devenu, en récompense, membre du tiers présidentiel au Sénat.

Ce ne sont là que quelques exemples parmi des centaines d’autres. Mais la nausée vous saisit quand on voit le cas de Ali Haddad. Voilà un homme sorti du néant et qui devient en une quinzaine d’années milliardaire en euros. Il a pompé dans les caisses de l’Etat sans retenue et sans que personne ne lui dise d’arrêter les massacres. Il s’est permis d'accaparer des dizaines de projets étatiques, encaissant à l’avance l’argent, sans même procéder à un début de déblaiement du plus petit de ses chantiers.

Les citoyens de Tizi Ouzou attendent depuis 17 ans leur stade. Son manque à réaliser est évalué à 420 milliards de dinars. Son protecteur et complice, sans doute, a empêché qu’on le touche. Jusqu’au jour où il a cherché à faire de la politique, parce que devenu un Etat dans l’Etat. On se brûle les ailes lorsqu’on s’approche trop du soleil. Il illustre bien la légende d’Icare. La lâcheté des hommes du pouvoir a fait que des gens comme Haddad et consorts ont mis l’Algérie à genoux. Et les dégâts sont encore à venir.

Tayeb Belghiche
 
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