Edito
 

L’incroyable obscénité

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le 31.07.17 | 12h00 Réagissez


Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les pays victorieux, pour détruire politiquement les effets néfastes du nazisme, jugèrent et condamnèrent tous les criminels de guerre, ce qui a permis d’apaiser les esprits et de lancer dès le début des années 1950 le projet d’Union européenne.

Confronté à la violence de l’islamo-fasciste, le pouvoir algérien, par une sorte de fuite en avant suicidaire, a préféré tendre l’autre joue. Malgré de faibles moyens militaires suite à un embargo international initié par François Mitterrand, et des caisses vides, l’Algérie avait d’abord affronté résolument le terrorisme déclenché par le FIS et ses succursales, l’AIS, le GIA, le FIDA, etc.

Malheureusement, la résistance face au péril vert avait commencé à s'émousser alors que la détermination du peuple ne faisait aucun doute. Les autorités se sont alors mises à récupérer ce qu’elles pouvaient récupérer, surtout parmi les réseaux de soutien au terrorisme. Parmi eux, on peut citer par exemple Amar Saadani et un certain Hassen Arribi. Il était militant d'Ennahda, dirigée à l’époque par Abdallah Djaballah, et possédait une petite boucherie à Souk Ahras.

Mais surtout, il était un membre influent des réseaux criminels de la région. Il avait été arrêté par la gendarmerie et devait être déféré devant les tribunaux. L’Algérie étant ce qu’elle est, il a dû être retourné et transformé en indic. Comme Saadani, il sera récompensé en 1996 en obtenant un poste de député à l’APN. Depuis, il s’est outrageusement enrichi et est devenu, par on ne sait quel miracle, milliardaire, ce dont il se vante avec arrogance. Mais surtout, l’homme n’a jamais renoncé à ses convictions et ne rate aucune occasion pour les afficher. Un pouvoir prêt à toutes les compromissions lui garantit l’impunité.

Cette impunité l’a autorisé à outrager la mémoire d’un immense patriote qui vient de nous quitter. Redha Malek est considéré par tout le peuple algérien comme le sage parmi les sages, un exemple de probité morale et intellectuelle, un patriote qui a consacré sa vie au combat pour une Algérie libre et démocratique. Acceptant avec courage et abnégation d’être Premier ministre en 1993, alors que l’Algérie était à genoux, il avait déclaré la guerre totale au terrorisme soulignant que «la peur devait changer de camp». C’est cette fermeté qui n’a pas été du goût du sieur Arribi, lui qui avait travaillé pour la talibanisation de l’Algérie. «Ayez pitié pour les victimes de la tragédie nationale (entendez par là les terroristes) et priez Dieu pour qu’il crucifie ceux qui étaient à l’origine des massacres.»

Cette réaction indécente, alors que le corps de Redha Malek était encore chaud, souligne la nature criminelle de ce genre d’individu. En 1963, Fidel Castro, invité à donner son avis sur l’assassinat de son frère ennemi, John Kennedy, a eu cette réponse dans la mesure de la grandeur d’âme de ce révolutionnaire : «Devant la mort, on ne peut que s’incliner et se taire.»

Le député Arribi peut se permettre aujourd’hui de dire des obscénités. Ses protecteurs sont toujours là. Il oublie que le drame vécu par les Algériens est un crime contre l’humanité. Et le crime contre l’humanité est imprescriptible. Rien ne dit qu’il ne rendra pas des comptes un jour. Son immunité parlementaire ne le protégera pas éternellement. Si l’APN a encore un peu de dignité, elle devrait l’exclure de ses rangs.

Tayeb Belghiche
 
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