Edito
 

L’extravagance d’un 5e mandat

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le 15.11.17 | 12h00 Réagissez


Tous les problèmes sont des problèmes politiques...», disait le célèbre écrivain britannique George Orwell. Ce qui se mijote actuellement sur la scène nationale rejoint on ne peut mieux cette acceptation quelque peu tranchée de l’ordre des choses. Bien qu’il n’y soit question que d’économie, de crise, de potions magiques et autres remèdes non conventionnels pour en sortir, la littérature que les dirigeants du pays nous assènent depuis quelques semaines semble n’avoir d’intérêt que les seules intentions politiques qui l’animent. La messe, toute orchestrée, que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, avait officiée le mois dernier devant ses alliés du monde des affaires et du FCE, a fini en ce sens de dissiper tout doute raisonnable sur la priorité première du système politique en place : celle d’abord de tout faire pour se perpétuer… Dès lors, le contexte actuel de crise, tout comme autrefois celui de l’aisance pétrolière, tient d’abord lieu d’un fonds électoraliste offrant tant d’arguments à mettre en avant pour sauvegarder autant d’intérêts étroits, dont dépend en dernier ressort la survie du régime et de ses appendices. C’est ainsi qu’à l’image de ce qui a été fait, une décennie plus tôt, de l’idée des plans massifs d’équipement, de la politique de désendettement et même de celle de la réconciliation nationale, l’illusion d’une sortie de crise par la planche à billets est vendue aujourd’hui à l’opinion nationale, comme une si heureuse trouvaille pour éviter au peuple de choir dans un dénuement total.

L’extravagance d’un 5e mandat
Lors du fameux Conseil des ministres qui a vu l’officialisation pour cinq ans du financement non conventionnel, le propos prêté au président Bouteflika rend on ne peut mieux compte de cette propension toute irrationnelle. «Le peuple algérien, qui a tant versé de sacrifices pour transcender la tragédie nationale et renouer ensuite avec le développement depuis près de deux décennies, mérite de ne pas connaître une nouvelle panne de développement après celle qu'il a vécue à la fin des années quatre-vingt», aurait ainsi signifié le chef de l’Etat, comme pour bénir le recours aventureux à la planche à billets. N’agissant, sans doute, plus que comme le «trois quarts de Président», qu’il a autrefois refusé d’être, Abdelaziz Bouteflika, en tant qu’incarnation d’un régime politique bien en place, se targue ainsi d’être à nouveau le grand sauveur d’un peuple qui a bien failli ne plus avoir droit ne serait-ce qu’à de simples traitements salariaux de fin de mois… Si ce n’était, cette formidable alacrité qui a permis la divine idée d’actionner la planche à billets, en osant au passage cette comparaison extravagante au Japon et aux Etats-Unis. Ayant ruiné tant d’espoirs de décollage économique offerts par l’aubaine révolue du pétrole cher, le pouvoir en place continue en somme à se complaire dans son irrationalité, en maquillant à chaque fois ses fiascos par autant de fausses bonnes idées de sortie de crise. Quitte probablement à sacrifier ce qui reste encore de l’économie nationale aux fins de faire admettre le déraisonnable scénario d’une candidature pour un 5e mandat…

Akli Rezouali
 
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