Edito
 

L’économie, à la rigueur

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le 03.10.17 | 12h00 Réagissez


Alors que l’on annonce aux Algériens qu’ils vont devoir pour les cinq années à venir, au moins, se serrer la ceinture comme jamais auparavant sans doute, il est on ne peut plus légitime de se poser la question de savoir si l’Etat est en mesure de faire preuve de plus de rigueur dans l’utilisation des ressources que par le passé. La plupart d’entre eux ont besoin d’être rassurés que le recours inévitable pour M. Ouyahia à «la planche à billets» se fera sans risque pour l’avenir des citoyens au-delà de cette période.

Et que même si entre-temps devra intervenir l’élection présidentielle de 2019 à propos de laquelle de zélés thuriféraires plaident en faveur d’un cinquième mandat pour Abdelaziz Bouteflika, ce financement non conventionnel de l’économie devrait au moins servir à relancer, en partie, l’appareil productif, à créer de nouveaux emplois, construire de nouveaux logement, etc.

Un tel défi pour l’Exécutif sous-entend d’abord une rupture dans les mœurs de la gouvernance telle qu’elle a prévalu jusqu’à présent, à savoir faire l’effort de ne plus laisser la décision économique reposer sur l’imprévision. En d’autres termes, mettre fin à l’improvisation et à la gestion à l’emporte-pièce à tous les niveaux de responsabilité de l’Etat et dans les sphères de l’activité publique. Dans ce rejet du laxisme, l’exemple devrait venir «d’en haut», de l’Etat.

Tout le monde s’attendait, en effet, avec la nomination d'Ahmed Ouyahia dans un contexte aussi difficile, tendu financièrement, à la désignation d’un Exécutif plus «ramassé», réduit numériquement dans un souci d’efficacité. Au contraire, le pouvoir a maintenu les choses en l’état, ignorant tout effort d’austérité. Même symbolique.

Une réduction du train de vie de l’Etat, à travers ne serait-ce qu’une diminution des rétributions des ministres et des «élus de la nation», aurait eu, sans aucun doute, une portée au sein de l’opinion publique comme celle encore qui consisterait à «revoir à la baisse» les avantages en nature et financiers liés à l’exercice de telles fonctions au sein des institutions de la République.

Un chef d’Etat occidental avait coutume de dire que la popularité d’un gouvernement ne se mesurait pas à la longueur des cortèges officiels. Chez nous, y compris en période «de vaches maigres», on préfère ignorer un tel appel à la raison et le moindre wali se cramponne au moindre attribut ostentatoire que lui procure sa fonction. La plus banale visite sur le terrain s’accompagne de la sortie de plusieurs véhicules «officiels», d’un dispositif étoffé de sécurité.

Dans un contexte aussi difficile où la rigueur doit prévaloir, on peut se demander s’il est vraiment nécessaire aussi d’avoir un «ministère chargé des Relations avec le Parlement», avec tout ce que cela implique, à savoir un siège pour l’institution, des cadres, des directeurs centraux, des secrétaires, un parc de voitures «dernier cri», etc. Un simple secrétariat d’Etat, ou encore une direction générale au niveau du gouvernement suffirait amplement.

On peut multiplier les exemples à l’envi sur ce qui peut être dans la réduction d’un train de vie de l’Etat jusqu’aux frais de mission et aux déplacements officiels ramenés au strict nécessaire sans pour autant porter atteinte au bon fonctionnement des institutions.
 

Reda Bekkat
 
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