Edito
 

L’aveu d’échec

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le 09.09.17 | 12h00 Réagissez


Le document adopté en Conseil des ministres, mercredi dernier, est intitulé «Plan d’action du gouvernement», mais l’opinion publique est convaincue que le pouvoir est en train de subir et non d’agir. 561 milliards de dollars ont été consommés dans les importations ces 17 dernières années sans avoir pensé un jour à jeter les bases du développement et de la croissance. Après les années d’insouciance et de prédation, le pouvoir se résout à reconnaître le désert économique qu’il a laborieusement façonné. Il ne voit plus d’autre solution que la planche à billets ou l’endettement extérieur qu’il récuse pour l’heure.

C’est un pouvoir à bout de souffle, déboussolé, qui fait sa rentrée politique. Il n’a plus la force de mettre en garde les voix «alarmistes» qui assombrissent les horizons. Il le fait lui-même. On lit dans le «programme» du gouvernement que la situation actuelle, en l’absence de «solutions nouvelles», peut entraîner des «conséquences économiques, sociales et même politiques périlleuses pour le pays». Il y a quelques semaines, l’auteur de telles déclarations était descendu en flammes par les hauts responsables du Parlement ou de l’Exécutif.

Les déclarations du Premier ministre, lundi, en marge de l’ouverture de la session parlementaire, n’étaient pas moins déroutantes, dénotant une incapacité structurelle du régime à réussir autre chose que l’échec. En affirmant que les autorités du pays avaient tout faux de rayer du paysage une industrie automobile naissante, à l’indépendance, le représentant de l’Exécutif attestait que le programme qu’il allait présenter en Conseil des ministres n’était pas un plan d’action mais un aveu d’échec d’un système politique qui n’a pas changé de nature ni de modes de gestion depuis des décennies. M. Ouyahia pouvait également citer une autre catastrophe à l’actif du pouvoir, celle de la déstructuration et la neutralisation du système éducatif national. Il a, au contraire, reconduit la même démarche dans son nouveau programme, en s’engageant à renforcer «la place de la langue arabe dans son enseignement et la généralisation de son usage». L’enjeu n’est rien d’autre que la formation des élites managériales sur lesquelles pèseront les défis du développement économique et humain.

En déficit d’équipes dirigeantes opérationnelles, ou les ayant ostracisées, le gouvernement se tourne une nouvelle fois vers les collectivités locales pour bâtir, en pleine crise financière, une économie productive. Le gouvernement Ouyahia veut doter «les collectivités locales d’instruments appropriés pour promouvoir l’attrait de l’investissement». Une stratégie restée au point mort depuis la fameuse réunion de Sellal, en août 2015, avec des walis auxquels était dévolu le rôle de «pivot» de la politique de développement. La gestion des affaires du pays a toujours renvoyé l’image du sur-place, mais cela n’est plus possible à présent que le sol se dérobe sous les pieds du régime.

Djaffar Tamani
 
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