Edito
 

L’austérité, un chèque sans provision

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le 08.11.17 | 12h00 Réagissez


L’instauration des licences d’importation pour certains produits destinés à la production ainsi qu’à la consommation des ménages et nécessitant la mobilisation d’importantes ressources en devises avait été justifiée, par les pouvoirs publics, par l’exigence de la rationalisation des dépenses publiques rendue impérative par la baisse drastique des recettes extérieures de l’Etat. L’attribution de ces licences avait suscité doutes et craintes sur la transparence et l’impartialité dans  le choix des listes des importateurs. La mise en place du nouveau dispositif dicté par la conjoncture de crise et le souci proclamé de mettre un terme à l’anarchie qui avait marqué le commerce extérieur, transformant le marché national en un déversoir incroyable de produits en tous genres et de toutes provenances qui ne répondent pas nécessairement aux besoins sociaux et économiques, a engendré une vive tension sur certains produits aussi bien dans le marché de la consommation que dans la sphère de la production. Par euphémisme, le gouvernement a innové au plan de la communication et de la sémantique en parlant de rationalisation des dépenses quand les spécialistes y voient un plan d’austérité en bonne et due forme, qui se constate d’ailleurs aisément à travers la dérégulation de l’économie et du marché se traduisant par le retour du phénomène des pénuries, de la folle spirale des prix et de l’inflation.

Le recours à l’option des licences d’importation, pour réduire la facture d’importation et atténuer le déficit budgétaire de l’Etat, implique des ajustements continus à l’épreuve du terrain, en vue de corriger les distorsions nées de mauvais arbitrages qui pourraient être faits dans l’appréciation des besoins de l’économie et du marché. Mal conduite, cette politique pourrait avoir un coût politique, économique et social désastreux. Avec pour conséquences un ralentissement de l’activité économique faute de disponibilité de pièces de rechanges et d’intrants, des tensions sur les biens de consommation, y compris  ceux de large consommation subventionnés par l’Etat, comme la baguette de pain éligible, nous dit-on à l’augmentation, à en croire les déclarations des professionnels du secteur. Même la disponibilité des médicaments est devenue une véritable source d’inquiétude pour les citoyens. S’il est aisé de convaincre les Algériens en cette période de vaches maigres sur les restrictions, voire l’interdiction  touchant certains produits de consommation non indispensables, tels que les fruits exotiques, il est en revanche des secteurs stratégiques, comme celui du marché des médicaments, qui ne sauraient souffrir d’une gestion approximative et improvisée, de calculs d’apothicaires. Rien ne saurait justifier un dysfonctionnement dans ce secteur vital qui touche à la santé et à la vie des citoyens. On a toujours répété dans le discours officiel qu’on ne meurt pas de faim en Algérie, par contre la pénurie de médicaments tue et tuera encore chez nous, tant que l’on n’aura pas pris conscience que la santé du citoyen, si elle a un coût, n’a pas de prix. La politique d’austérité doit être un instrument de régulation fécond au service du redéploiement économique du pays et non le contraire, un chèque sans provision, un obstacle, une fuite en avant pour masquer l’échec et l’incompétence.

Omar Berbiche
 
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