Edito
 

Jeu d’équilibrisme

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le 15.06.17 | 12h00 Réagissez


Si elle se confirmait, la révélation faite par la chaîne de télévision Sky News Arabia, selon laquelle l’émirat du Qatar aurait financé l’attaque terroriste du site gazier de Tiguentourine, placerait l’Algérie dans une situation bien embarrassante par rapport à ses relations avec ce pays qui se trouve aujourd’hui dans l’œil du cyclone.

Dans le conflit opposant Doha aux autres pays du Golfe emmenés par l’Arabie Saoudite qui accusent cet émirat de financer les groupes terroristes, l’Algérie a adopté une position de neutralité, appelant les parties concernées au dialogue pour dénouer la crise. Bien qu’il s’agisse là d’un principe fondateur de la politique étrangère de notre pays, qui se garde de toute immixtion dans les affaires intérieures d’autres Etats, la réaction de la diplomatie algérienne par rapport à ce conflit est jugée timide, voire timorée par l’opinion nationale, compte tenu du rôle «peu amical» joué par le Qatar durant la décennie noire à travers la chaîne de télévision Al Jazeera. Le choix de ce pays comme terre d’exil par d’anciens responsables du parti dissous, terre d’asile n’est pas fortuit, de la même façon le réchauffement des relations avec l’Arabie Saoudite en dépit du tribut payé par l’Algérie à l’idéologie wahhabite durant les années de terrorisme sont loin de faire consensus dans notre pays.

Depuis l’arrivée de Bouteflika aux affaires, les relations politiques officielles avec les pays du Golfe ont été hissées à un niveau d’excellence. La coopération économique et commerciale n’a pas suivi cette volonté affichée de part et d’autre de promouvoir ces relations malgré les contacts au plus haut niveau qui se sont multipliés ces derniers mois. Le jeu d’équilibrisme de la diplomatie algérienne aurait à la limite pu avoir un sens si l’Algérie avait des intérêts vitaux à défendre, qui lui recommanderaient de faire dans la realpolitik en ne s’impliquant pas dans le conflit par des déclarations ou des décisions qui seraient jugées inamicales avec les conséquences que cela pourrait impliquer.

L’Algérie a choisi une position politiquement confortable, moins coûteuse et moins risquée que ne le serait un soutien diplomatique pour une partie contre une autre. Pour autant, cette posture n’est pas largement partagée au sein de l’opinion. Le silence observé par les médias publics, qui se bornent à relayer le discours officiel, et par la classe politique, qui évite de s’exprimer sur le sujet par crainte de se mettre en porte-à-faux par rapport à l’action de notre diplomatie, ne saurait gommer l’outrage fait à la mémoire et à l’histoire que l’on n’hésite pas à sacrifier sur l’autel de calculs politiciens étroits. Les nouvelles générations qui n’ont pas connu les affres du terrorisme intégriste ne sauront rien du rôle maléfique joué par des pays comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar, pour ne citer que ces deux Etats, qui sont aujourd’hui par un paradoxal retournement de l’histoire des ennemis difficiles à réconcilier. Ne pas mettre de noms sur les géniteurs du terrorisme et son bras financier, c’est cultiver l’amnésie sur un passé douloureux et sanglant. C’est se rendre complice de la diabolique entreprise de destruction de l’Algérie planifiée à l’intérieur et à l’extérieur du pays avec la connivence et le soutien actif de pays qui cherchent aujourd’hui sous la pression internationale à s’amender et à montrer patte blanche.

Omar Berbiche
 
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