Edito
 

Inconséquence

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le 18.12.17 | 12h00 Réagissez


Béni par un Parlement rompu depuis toujours aux causes du pouvoir en place, le projet de loi de finances pour l’année prochaine n’attend désormais plus qu’à être signé par le président de la République, dès le 1er janvier 2018, pour que les dispositions qu’il charrie entrent officiellement en vigueur.

Fixant l’essentiel de la trajectoire financière à suivre durant l’exercice à venir et même au-delà, ce document de politique économique interpelle tout particulièrement par son contenu presque parfaitement décalé de la réalité et des perspectives peu rassurantes de l’économie nationale. Très peu et surtout très mal débattu par les députés de l’Assemblée populaire nationale — dont la majorité s’est même autorisée la frivolité de l’amputer d’une disposition visant à mieux taxer les riches —, ce projet de loi de finances contraste extraordinairement avec le contexte de crise pétrolière majeure dans lequel il intervient.

Ainsi, tout en prévoyant une réduction des déficits en vue d’amorcer à terme un certain retour à l’équilibre budgétaire, le gouvernement adopte néanmoins un train de dépenses publiques globalement orienté vers la hausse, tandis que les réformes et les ajustements structurels rendus urgents par la chute des prix du pétrole continuent à faire cruellement défaut.

C’est qu’à l’approche d’une échéance électorale majeure, le pouvoir en place se montre plus que jamais enclin à recourir à ce qui reste encore de la rente du pétrole et du gaz pour éviter surtout de mettre en péril sa propre stabilité, qu’il a toujours nourrie par une allocation inconsidérée de ressources publiques.

Fort de l’aval que lui confère désormais la nouvelle version de la loi sur la monnaie et le crédit pour user, à sa guise ou presque, de financements non conventionnels internes, l’Exécutif élude ainsi en toute irrationalité l’impératif d’une nouvelle démarche budgétaire qui serait porteuse de rigueur et d’austérité dans un climat social et politique déjà propice à la défiance populaire.

Sauf qu’à mesure qu’ils sont remis à plus tard, les choix de réformes structurelles et de rationalisation des dépenses risquent d’être diablement plus complexes à mettre en œuvre et surtout socialement et politiquement plus coûteux et douloureux une fois effilochée l’illusion d’une sortie de crise par une monétisation des déficits.

Car, à coup sûr, les prix du pétrole, même s’ils s’éloignent actuellement de leurs seuils catastrophiques d’il y a quelques mois, ne retrouveront sans doute plus leurs niveaux d’avant la crise, tandis que le recours à la planche à billets, consacré pour les cinq années à venir, finira à terme par produire une grave dérive inflationniste. Cette même dérive que la nouvelle loi de finances semble déjà commencer à susciter avant même son entrée en vigueur.

Akli Rezouali
 
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