Edito
 

Il y a urgence

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le 28.05.17 | 12h00 Réagissez


Dans le sillage de son installation dans le poste de Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune a fait des déclarations lourdes de sens. Il affirme, sans donner trop de détails, que le gouvernement ne va pas arrêter les projets à caractère social que sont notamment le logement et les transferts sociaux. Plus que cela, le Premier ministre jette un pavé dans la mare en affirmant, sans s'attarder, que les problèmes d'argent dont souffraient les entreprises chargées de réaliser des projets de logements ne «se poseront plus».

Au-delà du discours politique, destiné avant tout à rassurer des citoyens inquiets de la tournure que prend chaque jour la crise économique, les affirmations du Premier ministre suscitent des questions sérieuses. En dehors de quelques pistes de travail comme celle de puiser dans la Caisse nationale de logement (CNL), Tebboune s’est limité à expliquer que des «solutions existent» et que des «arbitrages» devraient être faits. S’agit-il, en fait, d’opérer des choix cornéliens ? Quel secteur sera-t-il sacrifié au profit de l’Habitat ? Il est difficile de répondre à cette question dans l’immédiat. Mais ces déclarations sonnent comme une volonté de négocier un nouveau virage économique. Une nouvelle orientation qui permettra au gouvernement de miser sur des secteurs plus sociaux au détriment des investissements en équipements et infrastructures qui verront une nouvelle fois leurs dotations se réduire comme une peau de chagrin.

La mission de Tebboune à la tête du gouvernement, qui répond plus à une logique de l’urgence qu’à un impératif de s’inscrire dans la durée, semble plus compliquée que jamais. Chargé de perfuser un corps pratiquement inerte, l’ancien ministre de l’Habitat devra faire preuve d’une grande ingéniosité pour rattraper ce qui peut l’être. Car, si le diagnostic est connu depuis longtemps, les remèdes n’arrivent pas. Il manquait, certes, un médecin. Mais même un médecin sans une pharmacie bien fournie ne peut faire grand-chose. Preuve en est que, selon les premières informations, les prévisions budgétaires de l’année 2018 ne permettent pas beaucoup de choix aux autorités. Le déficit budgétaire sera encore plus abyssal qu’il ne l’est pour cette année et les recettes de l’Etat seront encore plus rétrécies du fait du faible niveau des prix du pétrole et du taux de recouvrement de la fiscalité ordinaire qui reste à un seuil très bas.

Bien sûr que dans un pays qui manque de tout, tout reste possible. A condition que les autorités gouvernementales libèrent les initiatives, laissent les entreprises investir et luttent sérieusement et de manière efficace contre l’économie informelle, le réveil est à portée de main. La sortie de crise ne relève pas du domaine de l’impossible. Des efforts dans le domaine politique avec de vraies réformes politiques ne peuvent être dissociés. Dans le cas contraire, tous les efforts seront vains.

Ali Boukhlef
 
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