Edito
 

Fragilités démocratiques

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le 13.12.17 | 12h00 Réagissez


Au fur et à mesure que la présidentielle approche, les clans du pouvoir, ou ceux qui gravitent autour, battent le rappel des troupes et se serrent les coudes, se gardant bien d’afficher leurs divergences, ce qui n’est pas le cas des forces démocratiques en général, qui s’effilochent, se dispersent, gardent leurs distances les unes des autres, quelquefois même s'étripent sur la scène publique. Les puissances liées au système ont saisi, elles, toute l’importance du rendez-vous d’avril 2019 : il n’y a pas d’autre enjeu électoral qui compte, l’homme qui en émergera détiendra entre ses mains l’ensemble des clefs du pouvoir politique et militaire. La Constitution le permet, comme la pratique historique. Lui seul sera en mesure de consolider les positions et les privilèges acquis par les clans.

C’est ce que fait Bouteflika depuis 1999, dans une tradition inaugurée dès le début de l’indépendance par Ben Bella et que Boumediène et Chadli ont poursuivie, chacun selon son style et selon les conjonctures. Même la parenthèse de la décennie du terrorisme n’a pas changé la donne. La fenêtre démocratique du début des années 1990 a été vite refermée par une forte coalition islamo- conservatrice qui a fragilisé le camps démocratique : elle a créé les conditions de l’élimination de Boudiaf porteur de changement politique radical sur deux axes, le FLN au musée de l’histoire et l’élimination des maffias politico-financières. Ces quinze dernières années, Bouteflika a renvoyé l’ascenseur aux islamistes, auxquels il a concédé la loi sur la réconciliation, de l’influence sur la société, voire une certaine emprise. Aux partis conservateurs, il a offert les grandes institutions élues (APN, locales…). Sa base politique, le Président l’a élargie aux puissances de l’argent qui se sont développées à la faveur de la manne de la dépense publique. Un Premier ministre a été brutalement évincé pour avoir osé s’attaquer à cette intrusion des milliardaires dans la sphère politique dirigeante. Il n’avait pas saisi le fait qu’ils étaient devenus des «alliés objectifs» du pouvoir et que Bouteflika les destinait à pérenniser son système aux côtés des partis conservateurs.

C’est donc toute cette jonction d’intérêts qui a déjà commencé à se mettre en branle en vue de faire réélire Bouteflika, si ce cas se pose, ou en cas de défection, un homme qui sera son protégé ou le continuateur de sa politique. Leur premier adversaire à éliminer est, bien entendu, le camps démocratique, naturellement hostile à toute reconduction du système et de ses tenants. De tout temps, des coups lui ont été portés, ce qui a abouti à sa marginalisation au sein des institutions élues. Aux démocrates, y compris de la société civile, l’accès à la rue est interdite dans la capitale et restreinte dans le reste du pays. Seul un bastion comme la Kabylie y échappe, pour des raisons liées à l’histoire et grâce à l’accumulation d’une forte capacité de résistance. Mais la Kabylie n’est ni un îlot ni une exception, les autres régions du pays sont, elles aussi, en quête d’un idéal démocratique, mais le rapport de forces ne leur permet pas toujours de l’exprimer. Le chemin est encore long et périlleux pour le camp démocratique, y compris en son sein, lorsque des intérêts égoïstes ou de faux calculs viennent prendre le dessus. Les guéguerres entre démocrates peuvent être fatales…

Ali Bahmane
 
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