Edito
 

«Fracturation» institutionnelle

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le 07.10.17 | 12h00 Réagissez


La recherche d’un consensus national était au cœur du dispositif des réformes annoncé par les autorités pour sortir le pays de la crise
financière. Tous les discours, notamment présidentiels, appelaient l’ensemble des forces sociales et politiques à adhérer à la démarche gouvernementale qui avait le double objectif de renflouer les caisses de l’Etat et de préserver la souveraineté nationale.

Au fil des jours, et entre deux séances de vote au Parlement, c’est à la guerre des mots à laquelle on assiste en lieu et place d’un débat sur les solutions à apporter à la crise. Pour la majorité des Algériens qui attendent encore de voir les esquisses des «réformes structurelles» devant asseoir une économie productive, c’est la désillusion, parfois l’atterrement. L’option de l’exploitation du gaz de schiste, remise à l’ordre du jour par le gouvernement, est venue aggraver les fractures en surface. Les échanges quasi belliqueux entre les protagonistes dans ce dossier sont loin de favoriser l’explication et l’appréciation du programme sous tous les angles, technique, écologique et économique.

La problématique peut, pourtant, se résumer ainsi : comment exploiter les quatrièmes ressources mondiales en gaz de schiste tout en préservant la plus grande réserve, également mondiale, d’eau douce ? Pour comprendre le sujet, il faudrait faire l’économie des éclats de voix et écouter les experts dans le domaine. Ni le chantage à la sécession ni les accusations de manipulation ou d’agitation ne peuvent constituer le début d’un débat que l’on pourrait qualifier de fructueux.

Tout en menant la charge pour défendre la souveraineté énergétique et économique du pays, le gouvernement prête le flanc aux assauts des porteurs d’un projet politique qui est loin de faire adhérer la collectivité nationale. Ce n’est pas une simple «agitation», c’est une véritable guerre feutrée lancée contre le pouvoir en place pour le faire reculer sur la souveraineté républicaine. Ce n’est pas le sort de la nappe albienne qui préoccupe la mouvance islamiste, mais leur accès au pouvoir par le moyen de la «fracturation institutionnelle». Le parti islamiste le plus en vue au Parlement a annoncé qu’il ne votera pas pour la nouvelle loi sur la monnaie et le crédit, si «l’amendement se limitait à l'article 45 bis». «Nous avons l’argent, nous voulons des lois», disent, en substance, les militants de l’institutionnalisation de la finance islamique. Le forcing ne s’arrête pas là, puisque la même organisation politique a préconisé, mercredi dernier, lors d’une journée d’étude sur la crise budgétaire, la mise en place d’une commission spéciale à l’APN, «réunissant la majorité des partis, sous la présidence de l’opposition, ayant la prérogative de contrôler l’activité de l’Exécutif».

Une majorité informelle à l’APN, sans passer par les élections, mais seulement à la faveur de la crise, est l’une des dernières illustrations de l’impasse politique à laquelle a mené le régime en place. Si l’exploitation des hydrocarbures de schiste est considérée par les spécialistes comme un moyen de retarder la transition énergétique et l’adoption des énergies renouvelables, le financement non conventionnel est conçu par le pouvoir pour différer la transition politique en faveur des forces démocratiques.

Djaffar Tamani
 
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