Edito
 

Face à la question des migrants

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le 22.07.17 | 12h00 Réagissez


L’Algérie accueille un nombre de plus en plus croissant de migrants clandestins venus de tous les pays africains ravagés par la guerre ou la misère. Face à cette question migratoire, la politique du gouvernement a le défaut de l’inconstance. Après le tollé et l’indignation soulevés par les déclarations choquantes d’Ouyahia et les amalgames entretenus par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, le ministre de l'Intérieur, Noureddine Bedoui, a fait, jeudi dernier, des déclarations très pondérées à propos de la gestion de la question des migrants clandestins. Le ministre, qui a qualifié l'immigration illégale de «fardeau qui pèse de plus en plus lourd sur l'Algérie», a fait référence à l’exigence de souscrire aux principes des droits de l'homme, invoquant la nécessaire approche humanitaire. M. Bedoui veut ainsi concilier l’impératif sécuritaire et le respect des droits de l’homme. «Nous agissons positivement», recadre le ministre.

Tout en promettant d’émarger au registre des droits de l'homme, le ministre souligne que «l'aspect humanitaire dans le traitement de la situation des victimes des tragédies générées par les conflits est tout aussi important». M. Bedoui a considéré que le gouvernement a adopté les normes les plus exigeantes en vigueur dans ce domaine. Ce n’est pas la première fois que le ministre de l’Intérieur fait des déclarations mesurées sur cette question des migrants. Juste après les propos regrettables d’Ouyahia, Bedoui avait déclaré que «l’Algérie considère ces réfugiés, venant de pays en butte à des conditions difficiles, comme étant des invités qu’il faut prendre en charge au plan médical, social et psychologique, individuellement et en groupes». Une déclaration aux antipodes de celle tenue par Ouyahia. Le chef de cabinet de la Présidence et par ailleurs ministre d’Etat a eu  ces paroles indignes : «Les étrangers en séjour irrégulier amènent le crime, la drogue et plusieurs autres fléaux. Ces gens-là sont venus de manière illégale (…). On ne dit pas aux autorités : ''Jetez ces migrants à la mer ou au-delà des déserts.'' Mais le séjour en Algérie doit obéir à des règles.» Une déclaration choquante suivie deux jours après par celle du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, qui a estimé que «le gouvernement est en phase de prendre des mesures urgentes pour faire face à ce flux important de migrants clandestins derrière lequel se cache des réseaux organisés et constituant désormais une menace pour la sécurité nationale». Les autorités algériennes qui ont rapatrié plus de 17 000 immigrés clandestins nigériens, ces deux dernières années, appellent les «partenaires» étrangers à une coopération internationale. Pour Bedoui, «la sécurité territoriale est un facteur déterminant dans la concrétisation de la sécurité internationale». Mais le ministre ne dit pas sur quelle base va se construire cette coopération internationale.

Cherif Lahdiri
 
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