Edito
 

Et après 2019 ?

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le 12.12.17 | 12h00 Réagissez


Les chiffres avancés par le ministre des Finances, M. Raouia, devant les députés et les sénateurs, donnent froid dans le dos. On apprend ainsi que les réserves de change chuteront des 100 milliards enregistrés en novembre dernier pour se stabiliser à peine à un peu plus de 76 milliards de dollars en 2020 — 76,2 plus exactement —, soit l’équivalent de moins de 18 mois d’importation.

Encore faut-il pour cela, selon certains experts, que le prix du baril de pétrole se maintienne à son niveau actuel, c'est-à-dire aux alentours de 50 dollars ou un peu plus. On ose difficilement imaginer quelles seraient les conséquences sociales si les cours venaient à baisser encore plus ! Une année après l’élection présidentielle, voire peut-être un 5e mandat pour Abdelaziz Bouteflika, comme le laissent croire les zélés thuriféraires du système rentier actuel, la gouvernance du pays ne sera pas des plus aisées, c’est sûr.

Mais si pour le grand argentier du pays la situation à terme pour les trois prochaines années n’est pas critique, elle reste toutefois conditionnée aux prix des hydrocarbures proches de leur niveau actuel et devra s’accompagner d’efforts pour réduire la consommation de biens importés et augmenter l’offre de ceux produits localement.

Les deux objectifs devront être les cibles de toutes les actions gouvernementales d’ici là. Plus facile à dire qu’à faire, sans doute. Surtout quand le pouvoir en place exclut de toucher au niveau actuel des transferts sociaux qui sont pour lui le garant d’une paix sociale plus que fragile, en l’état présent de la vie démocratique en Algérie et au regard des difficultés à apporter des réponses cohérentes aux attentes des Algériens.

L’on est encore plus sceptique quand on se rend compte qu’après une année d’instauration de restrictions administratives par le biais des licences d’importation de certains biens, les résultats sont plutôt mitigés. Parfois même à l’opposé de ceux qui étaient attendus. Si, effectivement, pour certains produits, la baisse des importations est bien là, pour d’autres la facture a carrément explosé pour atteindre un niveau supérieur aux années précédentes !

Ce qui prouve la capacité d’adaptation des lobbies de «l’import-import» et la réactivité dont ils font preuve face à des mesures qui visent à rétablir une certaine orthodoxie financière. Et cela, sans l’activité opaque de l’informel et ses effets sur la monnaie nationale et les mécanismes de régulation fortement éprouvés, quand ils existent bien entendu.

Mais d’ores et déjà, notamment à la suite de la crise du prix de la baguette, certains économistes estiment qu’il est temps de revoir le système de subvention des produits agroalimentaires destinés à la transformation, comme les céréales et le lait, entre autres, système qui pénalise d’une certaine manière la production locale.

Un ciblage qui doit permettre de faire bénéficier les consommateurs des subventions de l’Etat avant tout dans un souci d’équité et non pas les importateurs et autres intervenants. Il en sera de même pour les produits énergétiques. Ces mêmes experts affirment que c’est là la meilleure approche pour lutter contre le gaspillage, la fuite aux frontières et autres trafics… Une approche de justice sociale.
 

Reda Bekkat
 
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