Edito
 

Est-ce la véritable Nahda ?

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le 23.08.17 | 12h00 Réagissez


L’islam va-t-il connaître une révolution ? Des dogmes considérés jusque-là comme immuables sont remis en cause, donnant partiellement raison au mouvement des coranistes qui ne reconnaissent aucune valeur juridique à la charia, parce que faite par les hommes, et que les musulmans ne doivent reconnaître que le Coran qui est la seule et véritable parole de Dieu.

Hier, la Cour suprême indienne a interdit le divorce par répudiation expresse appliquée en islam. Selon la pratique en vigueur, l’homme peut prononcer trois fois : «Je te divorce» (mtalqa, mtalqa, mtalqa) pour répudier sa femme. Cette pratique est désormais illégale, précise l’AFP qui rapporte la nouvelle. «Le triple talaq enfreint le Coran et la charia. Il ne fait pas partie des pratiques religieuses et va à l’encontre de la morale constitutionnelle», a déclaré, toujours selon l’AFP, un panel de cinq juges des principales religions d’Inde — hindouisme, islam, christianisme, sikhisme et zaratoustrisme —, qu’il a jugé inconstitutionnel par trois voix contre deux.

De son côté, la Tunisie a encore fait parler d’elle en la matière. Le président Béji Caïd Essebsi a décidé par décret l’égalité entre l’homme et la femme en matière d’héritage. Jusque-là, et c’est une pratique en vigueur dans tous les pays musulmans, et ce, conformément à la charia, l’homme hérite du double par rapport à la femme. En outre, le président tunisien a décidé, toujours par décret, qu’une musulmane a le droit d’épouser un non-musulman, contrairement à la tradition en vigueur. C’est là une véritable révolution qui s’attaque à des tabous qu’aucun théologien n’a osé remettre en cause. Comme il fallait s’y attendre, les mesures audacieuses du chef de l’Etat tunisien ont provoqué une levée de boucliers au sein de la mouvance islamiste.

Celle-ci n’a pas été suivie et les deux décisions sont passées comme une lettre à la poste.
La Tunisie s’est toujours singularisée en matière de droit musulman. Déjà, en 1956, le président Habib Bourguiba avait instauré le statut personnel qui protège grandement la femme tunisienne face aux abus de l’homme. Le même Président n’a pas hésité à boire un verre d’eau en plein jour durant le mois de Ramadhan, et ce, pour inciter les travailleurs de la sidérurgie, soumis à des chaleurs insoutenables, à ne pas jeûner. Malheureusement, le courage du leader tunisien n’a pas fait des émules. Bourguiba a même été violemment critiqué par les conservateurs musulmans qui voyaient d’un mauvais œil la femme acquérir ses droits légitimes. Jusqu’à ce jour, aucun pays musulman n’a introduit chez lui des lois similaires au statut personnel tunisien.

La Tunisie a encore été un exemple pour le monde arabe avec sa révolution des Jasmins. Après le renversement de la dictature de Zine El Abidine Ben Ali, sans trop de dégâts, elle a réussi presque sans violence à instaurer une véritable démocratie qui est désormais citée en exemple.
Pendant ce temps, le reste des peuples arabes continue à souffrir sous le joug de régimes illégitimes.

Tayeb Belghiche
 
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