Edito
 

Entre inflation et faillite

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le 04.11.17 | 12h00 Réagissez


Les listes des candidats se comptent par dizaines dans chaque circonscription électorale. Les panneaux d’affichage, pour ne pas être tronqués, sont disposés dans la démesure le long des façades et des murs de clôture, parfois des écoles. Ces supports restent majoritairement vides, ce qui est un mauvais présage, car la politique, comme la nature, a horreur du vide. Des partis dits traditionnels ont longtemps dénoncé, avant d’accepter le fait accompli, la «pollution» de la vie politique par l’entremise d’organisations venues de nulle part mais ayant été promptement agréées.

 

Des nouveaux sigles apparaissent alors sur les tableaux d’affichage et donnent le tournis à des citoyens qui ont à peine commencé à assimiler le programme des partis politiques nés il y a trente ans. Quand ces sigles inconnus se liguent et forment des alliances, l’effet est proche de celui d’un trou noir, il aspire ce qui reste de conscience politique. Il y a plus grand intérêt à comprendre ce processus de déstructuration de la scène politique qu’à prendre connaissance des programmes électoraux respectifs, d’autant plus que ces derniers peuvent être à leur tour «gelés» à l’image des grands projets de développement.
Le pouvoir a méthodiquement organisé l’inflation au sein de la classe politique. Celle-ci a été significativement «enrichie» en nouvelles structures en 2012 dans le sillage des réformes politiques engagées, à l’effet de faire front contre la vague des révoltes dans la région. La dichotomie islamistes-démocrates, longtemps encouragée et instrumentalisée, a fini par devenir périlleuse pour le pouvoir qui a vu arriver le FIS, au début des années 1990, au seuil des centres de décision. Pour réduire les démocrates, sans les assassiner, il fallait trouver un autre stratagème, celui de l’agrément massif des nouvelles organisations politiques, avec une prime à la désaffection et à l’enrôlement des transfuges.

Cette démultiplication des sigles a fini par être préjudiciable y compris aux partis du pouvoir, comme le RND qui vient d’annoncer, dans une wilaya du Centre, la «radiation des touristes politiques de ses rangs» — alors qu’il suffisait de ne pas les accueillir. Si des partis se plaignent de la perte des repères politiques et de la circulation effrénée des cadres et des candidats en puissance, qu’en serait-il des électeurs qui devront choisir, le jour du vote, leurs futurs représentants et gestionnaires de leur cité ? Cette entreprise de dissipation du sens et des engagements politiques a connu son point d’orgue avec le décret exécutif du 25 février 2013, fixant les indemnités des élus locaux. Une manne providentielle tombée un an avant la chute des cours du pétrole et le début de la crise financière.

Après le dumping politique, arrive le temps des coups fourrés et des désillusions. En août dernier, l’Etat a puisé dans les budgets des collectivités locales pour combler quelques déficits dans le fonctionnement de certains ministères. La mise en œuvre du «financement non conventionnel» va peut-être enrayer ces réaffectations budgétaires désastreuses, mais il n’est pas dit qu’il couvrira les modestes dotations qui font vivre la majorité des communes. Considéré comme un moment de démocratie par le pouvoir, le scrutin du 23 novembre sera en fait l’occasion de réaliser que la planche à billets n’est pas opérante à l’échelle de la commune et que la gestion de la faillite est impossible dans les collectivités locales.

Djaffar Tamani
 
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