Edito
 

Entre chômage et protesta

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le 30.12.17 | 12h00 Réagissez


Dans le communiqué du dernier Conseil des ministres déclarant Yennayer «journée chômée et payée», la référence aux «défis multiples, internes et régionaux (qui) nous interpellent» mérite d’être soulignée. Les défis sont, de l’avis général, économiques. Les crises politiques les plus dommageables et les régimes les plus totalitaires naissent des situations économiques et sociales désespérées.

Par ailleurs, parmi la multitude de déclarations et discours du Premier ministre de ces derniers mois, la principale affirmation à retenir est la nécessité de renouer avec l’effort et le travail. L’initiative présidentielle, même si elle est unanimement saluée, prend donc une étrange résonance dans un contexte marqué par un chômage endémique et une léthargie dans nombre de secteurs de la vie nationale.

Le repos le jour de Yennayer est déjà observé dans les régions où «l’expression» revendicative, pour reprendre le mot du même communiqué officiel, a été enregistrée ces dernières semaines. Pour le jour de l’An amazigh comme pour d’autres éléments de la question identitaire, nulle reconnaissance ne peut être considérée effective, si elle ne s’inscrit pas dans un programme politique, donc dans un projet de société.

Les termes du débat ont été du reste esquissés dans une déclaration du parti des Avant-gardes des libertés, il y a une dizaine de jours, où il est fait état de la nécessité d’élaborer un «programme d’action, une feuille de route pour la mise en place d’un cadre législatif, réglementaire et institutionnel afin de rendre effectif le statut de tamazight, langue nationale et officielle».

Tout un programme qui ne peut être mis en avant qu’à l’occasion des rendez-vous politiques décisifs pour le destin du pays. Pour l’heure, les mesures décidées au pied levé par le pouvoir, comme celle de Yennayer, sans incidence pour les deux prochaines années, ou même la future académie de tamazight, qui ne sera pas plus opérationnelle que le HCA créé il y a plus de 20 ans, il ne s’agit que de moyens de gagner du temps, ou de fuite en avant, de même inspiration que les fameuses augmentations de salaire décidées sans impulser aucune activité économique.

La reconnaissance effective de l’amazighité et son adoption dans la vie publique et institutionnelle seront le fait d’un pouvoir qui en aura la volonté et la conviction, donc nécessairement issu des générations ayant porté les luttes démocratiques. Le combat identitaire n’a pas commencé avec l’amendement, rejeté, à la loi de finances 2018, une séquence parlementaire qui ne peut supplanter ni être assimilée à l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri en mars 1980.

Les victoires politiques prochaines pour cette cause dépendent de la réappropriation des repères et une lisibilité des discours et des parcours. La reconstruction politique ira de pair avec celle économique et sociale. Et le véritable «défi interne» est de sortir de l’engrenage du chômage et de la protestation. Au début du mois, une importante entreprise a sollicité un terrain d’assiette à Tizi Ouzou pour lancer ses activités et créer 2000 emplois directs. Immédiatement après, on lui a offert un terrain de protesta.

Djaffar Tamani
 
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