Edito
 

Effet d’annonce ?

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le 05.07.17 | 12h00 Réagissez


L’histoire de la gouvernance en Algérie est-elle en train de s’accélérer ou seulement de bégayer avec le changement du gouvernement et la nomination de M. Tebboune au poste de Premier ministre ? Traditionnellement, chez nous, les recompositions au niveau de l’Executif s’opèrent toujours suivant le sacro-saint principe du changement dans la continuité, synonyme de maintien du statu quo, mais surtout d’amnistie des faits de gestion de l’équipe gouvernementale sortante.

Le fait que l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal — et l’Exécutif dans son ensemble — n’ait pas été astreint à présenter le bilan de son gouvernement devant le Parlement tout au long de son règne et après son départ (c’est valable pour tous les gouvernements qui se sont succédé), alors que la Constitution l’y oblige, renseigne sur la conception que l’on se fait de la notion de responsabilité gouvernementale.

Il y a comme une loi non écrite pour que la passation se fasse toujours de manière soft, sans heurts ni soubresauts, même quand des scandales de corruption et des affaires qui ne relèvent pas de l’erreur de gestion mais du délit puni par la loi ont émaillé et caractérisé la gestion du précédent gouvernement.

La blanchisseuse qui permet de laver toujours plus blanc des ministres et des hauts cadres de leurs péchés, voire de tout soupçon, même lorsqu’ils sont prouvés par des faits documentés implacables, parvient ainsi à faire des merveilles en couvrant du voile coupable du silence de graves préjudices occasionnés à l’économie nationale et au Trésor public. Cette culture de l’omerta et de l’amnésie découle à vrai dire de la nature hyper présidentielle du régime en place qui en a fait son système de défense immunitaire.

Demander des comptes ou accabler le gouvernement sortant, c’est commettre le crime de lèse-majesté de s’attaquer au président de la République dès lors que le Premier ministre n’est là que pour appliquer et mettre en œuvre le programme présidentiel. Aussi, pour préserver le chef de l’Etat, il n’est pas de bon ton d’associer son image et son règne à des échecs, des contre-performances ou encore à des scandales relevant du crime économique et de la moralité publique.

Les dossiers qui ont pu fuiter dans les médias sont le fait de la presse et non pas d’une quelconque volonté politique de moralisation de la vie publique. Aussi, le nouveau ton résolument critique adopté par la nouvelle équipe gouvernementale, par le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune et par certains ministres en charge de secteurs stratégiques, particulièrement ceux de l’Industrie et de la Communication, sur la gestion de leurs secteurs respectifs par leurs prédécesseurs, a-t-il surpris les analystes qui tentent de décrypter politiquement le sens de ces banderilles acérées plantées dans le dos de l’ancien Premier ministre.

Les faits reprochés à la gestion de l’ancien ministre de l’Industrie, M. Bouchouareb, par le nouveau ministre du secteur, M. Bedda : surfacturation, «importations déguisées» sources de fuites de capitaux, échec de la politique d’investissement menée dans ce secteur stratégique, relèvent pour certains dossiers du délit pénal, voire du crime économique pour que la justice ne s’en saisisse pas. La tournure prise par le scandale de Sonatrach qui a accouché d’une souris a entamé la crédibilité des opérations de salubrité publique menées par l’Etat. L’affaire Bouchouareb, un autre effet d’annonce ? Wait and see.
 

Omar Berbiche
 
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