Edito
 

Dos au mur

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le 23.09.17 | 12h00 Réagissez


Lors de la séance de réponses aux interpellations et remarques des députés, le Premier ministre a retrouvé l’arène qu’il affectionne le mieux. Devant le perchoir de la Chambre basse du Parlement, Ahmed Ouyahia trouve ses aises ; il a réussi, en l’espace de 1 heure vingt minutes à rabattre des cartes que ses deux prédécesseurs n’ont pas — voulu ou pu, c’est selon — fait en 5 ans. Arguments et chiffres à l’appui, l’homme qui a réussi la gageure de s’éterniser dans un système qui tue ses enfants a retrouvé les accents de celui qui gère et assume les «sales besognes».

Il a non seulement tenu le «discours de vérité» qu’il a appelé de ses vœux ces dernières années lorsqu’il a quitté le gouvernement, mais il a versé dans une posture apocalyptique qui a valeur de sonnette d’alarme. Il a répété, à l’envi, que la situation est gravissime. Mais il ne reconnaît pas sa responsabilité et celle du «régime» qu’il représente dans la situation actuelle.

Si cette tonalité dans le discours était attendue, l’attitude d'Ahmed Ouyahia envers les députés de l’opposition est surprenante. Le Premier ministre s’est montré particulièrement virulent face à une opposition qui l’était autant. Mais l’homme, qui d’habitude montre un visage plus calme et impassible, a perdu son sang- froid. Il a refusé de «tendre la joue gauche» quand la droite a reçu une gifle. A l’image d’un boxeur acculé, Ahmed Ouyahia a donné des poings. Il a cogné sans ménagement. Il a fait mal, lui qui reçoit depuis quelques semaines des attaques en règle de la part de l’opposition et des experts qui, non seulement s’opposent au recours à la planche à billets, mais rappellent au pouvoir sa responsabilité dans la crise actuelle.

Ahmed Ouyahia est donc acculé. Il a montré ses dents et au lieu d’encaisser, a désigné du doigt un nouveau coupable : ses contradicteurs, devenus pour certains d’entre eux comme des «professionnels de l’opposition». C’est en somme la réaction d’une bête blessée qu’on a vu(e) ce jeudi au perchoir de l’APN. Le Premier ministre tente de défendre ce qui peut l’être, maintenant que la période des vaches maigres atteint son point culminant.

Pourtant, Ouyahia sait mieux que quiconque qu’en période de crise, il vaut mieux s’ouvrir à tous les acteurs de la vie politique. Mais il sait aussi que lorsqu’on n’a pas beaucoup de légitimité, il vaut mieux défendre son pré carré. Surtout lorsque le camp d’en face vous demande de «partir». Ce que ni Ouyahia ni le «régime» qu’il représente ne veulent faire. Du moins pas de leur propre gré.
En attendant donc une alternance au pouvoir, le régime se recycle, se cherche des solutions, même temporaires. Parce qu’au rythme où vont les choses, personne ne sait de quoi sera fait demain. Une conséquence de manque de planification, de visibilité et de prévoyance. Les conséquences d’une mauvaise gouvernance qui se paie cher.

Ali Boukhlef
 
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