Edito
 

Dialogue de circonstance

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le 02.07.17 | 12h00 Réagissez


Acculé par la chute drastique des cours des hydrocarbures, le pouvoir s’apprête à lancer un autre épisode de ses fameux «dialogues» avec la classe politique et les syndicats. Un dialogue dévitalisé, sans contours et qui intervient dans un contexte marqué par une crise lancinante, un marasme politique, social et économique inquiétant.

Quel crédit accorder à ce énième appel du pouvoir d’ouvrir un dialogue avec toutes les forces politiques et sociales du pays ? Le régime se dit «soucieux de faire prévaloir la voie du dialogue et les solutions consensuelles dans son traitement des différentes questions et revendications qui lui sont soumises». Confiés cette fois-ci au Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, ces pourparlers ont une fois de plus toutes les chances d’être boudés par les forces politiques de l’opposition. Le régime ultra-présidentiel se contentera, comme toujours, de compter sur sa clientèle habituelle pour prendre part à ce dialogue factice. Comment, en effet, ne pas qualifier ce dialogue de factice, quand tout le monde sait que le dernier triste épisode de ces pourparlers lancés par le régime a débouché sur un travestissement de la principale revendication de l’opposition liée à la nécessité d’instaurer une instance indépendante d’organisation des élections, le pouvoir ayant retenu la fausse solution d’une commission de surveillance des élections. L’ouverture, en 2016, des consultations autour d’une révision constitutionnelle dite «consensuelle» a, en effet, confirmé la perpétuelle désillusion. Le sérail traverse un chemin de crête entre un manque de légitimité, vu les soupçons de fraudes électorales successives et une incapacité chronique à faire éclore une économie émancipée de toute rente liée à la surexploitation des ressources naturelles.

Des voix de l’opposition accusent le président Bouteflika (via son Premier ministre) de vouloir convoquer de nouveau un dialogue politique «factice», afin de retarder toute espérance d’une vraie transition politique. Au lendemain de ce dialogue, le plan d'action du gouvernement se heurtera déjà à de grandes difficultés à renflouer les caisses publiques et faire face à un déficit de 16% du PIB, soit autour de 25 milliards de dollars. Au-delà de l’impasse politique, le pouvoir est peu enclin à réellement écouter les forces vives, les syndicats autonomes et toutes les organisations professionnelles et patronales sans exclusion. La crise politique née des réélections successives contestées de Bouteflika est à son paroxysme. Le dialogue convoqué par le pouvoir est une habituelle manœuvre de diversion. Une grande partie de l’opposition a souvent refusé de prendre part aux différents processus de ces dialogues factices. Les partis d'opposition réitèrent leur demande de mise en place d'une vraie transition démocratique. Une transition démocratique où le respect des suffrages, du principe de la séparation des pouvoirs, une justice indépendante et la garantie des libertés fondamentales devraient être les leviers des actions prioritaires.

Cherif Lahdiri
 
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