Edito
 

Des oukases dangereux

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le 19.07.17 | 12h00 Réagissez


Peut-on dire sans exagération que la Kabylie est dans le collimateur du pouvoir ? Une répression culturelle sournoise est en train de se développer et cible principalement la wilaya de Béjaïa. La vie culturelle est pratiquement bannie, parfois de façon musclée, de cette région, et ce, depuis plusieurs années. La cheffe de daïra d’Aokas se manifeste particulièrement par un zèle incompréhensible.

La daïra est dirigée par une dame qui connaît bien les lieux. Sa nomination avait été accueillie avec satisfaction par tous ceux qui militent pour la promotion de la femme, un domaine où l’Algérie a encore beaucoup à faire. Malheureusement, elle a rapidement déçu. Depuis janvier jusqu’à ce jour, elle a interdit au moins neuf conférences à caractère culturel.

Il n’y avait rien de subversif, même selon les canons du pouvoir. C’était souvent de jeunes créateurs, de jeunes auteurs qui voulaient présenter leurs œuvres au public, initiatives qui auraient dû être encouragées dans ce désert culturel ambiant. Les oukases de Madame la cheffe de daïra étaient là. Elle n’avait même pas eu le courage de faire délivrer des accusés de réception aux organisateurs des conférences. Une fuite en avant qui en dit long. A-t-elle reçu des instructions «d’en haut», comme disent souvent les responsables pour justifier leur refus ?

Il est effectivement difficile de croire qu’elle a pris une si grave décision toute seule. Il existe des forces internes et externes qui veulent que la Kabylie se révolte et agissent de ce fait, par exemple, en muselant toute expression identitaire. Même des élus FFS et RCD, qui ont cherché à comprendre ce comportement inadmissible, sont restés sur leur faim. La seule réponse qu’ils ont eue est que la cheffe de daïra a reçu des instructions d’en haut.

Au passage, il faut regretter que d’autres partis, comme le FLN et le RND par exemple, ne se soient pas joints à la démarche du FFS et du RCD, comme s’il s’agissait d’une question kabylo-kabyle, alors qu’il s’agit d’un problème national qui concerne tout le peuple algérien. Nous sommes là en présence d’une grave atteinte à la liberté d’expression et d’une violation flagrante et inacceptable de la Constitution.

Il y a des gens dans les hautes sphères du pouvoir qui ne portent pas la Kabylie dans leur cœur. Il n’y a qu’à voir les entraves créées pour empêcher le développement des sociétés d’Issad Rebrab. N’a-t-on pas vu ce pouvoir, encore lui, délocaliser un projet de port en eaux profondes de la région de Dellys vers celles de Cherchell, en violation des règles économiques, environnementales et écologiques ? Qui peut croire encore au patriotisme des gens qui  ont accaparé la gouvernance de l’Algérie ?
 

Tayeb Belghiche
 
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