Edito
 

Des décès de trop

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le 24.08.17 | 12h00 Réagissez


Les drames se suivent et se ressemblent dans les hôpitaux algériens. Alors que les circonstances et les responsabilités de celui de Djelfa, suite au décès d’une parturiente, n’ont pas encore été éclaircies et situées, quelques semaines plus tard, le 10 août, une autre jeune femme enceinte est morte, faute de prise en charge, à l’hôpital Nefissa Hamoud (ex-Parnet) d’Alger.

Difficile d’évoquer dans ce dernier cas l’éloignement des centres de santé ou le manque de spécialistes, puisque cela s’est déroulé dans la capitale et en l’occurrence au sein d’un Centre hospitalo-universitaire (CHU), lui-même faisant face à une école de formation paramédicale d’où sortent des promotions de sages-femmes, infirmiers et autre anesthésistes qui viennent s’ajouter chaque année aux centaines de médecins diplômés de la faculté de médecine d’Alger. Jusqu’à présent, du côté des officiels, c’est le mutisme. désespéré, le père de la victime a été contraint de saisir la presse afin que toute la lumière soit faite sur ce tragique événement qui a endeuillé sa famille. Force est de constater, au grand malheur des citoyens, que la plupart des hôpitaux, pour ne pas dire la totalité, souffrent du laisser-aller et de la négligence qui est désormais la règle dans leur fonctionnement.

Comment en est-on arrivé là ? A commencer par le malade en proie à une crise d’appendicite refoulé aux urgences chirurgicales du CHU de Beni Messous, un vendredi matin, et à qui on conseille par manque de lits disponibles d’aller chercher une place dans d’autres hôpitaux, jusqu’à la femme enceinte qui décède faute de prise en charge, la déliquescence de notre système de santé est une triste réalité au quotidien. Faut-il s’étonner alors que l’on ait atteint un tel stade de la misère humaine et de la tragédie sociale digne du XIXe siècle en Europe, dans un pays pétrolier comme l’Algérie dont les ressources en devises, il y a quelques années à peine, dépassaient les 100 milliards de dollars par an que nous enviaient Tunisiens et Marocains, aujourd’hui, il faut le reconnaître, bien mieux lotis que nous sur le plan sanitaire. Et on ne meurt sans doute pas dans des conditions aussi tragiques dans les hôpitaux de Tunis ou de Rabat.

D’aucuns ne manqueront pas de  dire qu’il n’est pas étonnant que de telles drames se produisent chez nous, quand on a eu un ministre de la Santé comme le sieur Boudiaf qui a fait la promotion d’un charlatan qui prétendait avoir mis au point un remède miracle contre le diabète, incitant ainsi des malades chroniques à abandonner leur traitement au  péril de leur vie. Et de pousser l’outrecuidance jusqu'à affirmer que le camelot «aurait mérité le prix Nobel de médecine» sur les chaînes de télé comme Ennahar et Echorouk, qui font la promotion de l’obscurantisme, la haine de l’autre et de tous les préjugés les plus rétrogrades ! Aucun rappel à l’ordre, aucun recadrage venu «d’en haut», pour reprendre un terme remis au goût du jour par ces mêmes médias peu de temps avant le limogeage de l’ex-Premier ministre Tebboune, n’est venu perturber les nuits du sieur Boudiaf qui a gardé son portefeuille jusqu’au changement de gouvernement décidé par Bouteflika. Faut-il que les citoyens se résignent à compter encore une fois les innombrables avatars du régime et de ses dérives laxistes et à en subir les conséquences ? Jusqu’à quand ?

Reda Bekkat
 
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