Edito
 

Dématérialiser les élections

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le 18.11.17 | 12h00 Réagissez


La campagne électorale pour les élections locales de jeudi prochain avait été précédée par une déclaration du ministre de l’Intérieur au sujet de l’avènement du vote électronique à l’horizon 2022. A présent que les clameurs de la campagne doivent retomber ainsi que son intenable festival des affiches, l’annonce de M. Bedoui prend une résonance particulière. La dématérialisation du processus électoral sera une œuvre de salubrité publique, en plus d’être une avancée dans la maîtrise des nouvelles technologies. Le vote électronique permettra en premier lieu de faire l’économie de tonnes de papier, de dépasser les cartes d’électeur et d'éviter ainsi qu’elles se retrouvent incidemment dans les locaux des partis politiques, et de remettre au placard les énormes registres disposés dans les bureaux de vote et où l’on oublie souvent les noms des morts ou ceux des militaires réaffectés depuis longtemps. La numérisation de l’opération de vote sera également l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre le phénomène d’abstention qui a tant altéré la crédibilité des scrutins successifs. Souvent perçue comme une position politique de défiance contre le pouvoir en place, ou le symptôme d’une dépolitisation de la société, conséquence de la gestion de ce même pouvoir, l’abstention grandissante aux élections ne serait en fait qu’un signe des temps, l’empreinte du monde actuel, celui de la révolution numérique. Selon des sondages réalisés dans des pays à forte tradition démocratique, près de 60% des abstentionnistes disent qu’ils exprimeraient leur voix par voie électronique, le taux monte à 80% chez les 18-25 ans.

Dans la campagne électorale qui se clôture ce début de semaine, on a vu que l’affichage a dominé l’action des candidats et leurs staffs. Contre cette débauche de papier glacé, il n’y a guère de parade possible. Seule la numérisation des campagnes électorales pourrait être la solution idoine, mais elle n’est pas encore envisageable. Les dégâts atteignent pourtant la cote d’alerte. L’exercice démocratique ne peut en aucun cas amener à vandaliser l’espace public. Il est des candidats, ou leurs équipes, qui ont confondu entre panneaux d’affichage et ceux de la signalisation routière, dont l’escamotage n’est rien d’autre qu’une mise en danger d’autrui. Dans ces circonstances qui requièrent une intervention d’urgence, il n’y a aucun service pouvant être opérationnel, dès lors que les exécutifs communaux sont en campagne et encadrent, de ce fait, l’entreprise de défiguration de leur ville. Parfois, les partis ayant un vrai capital de lutte voient leur message dénaturé ou neutralisé par la tournure de la campagne électorale, les citoyens ne pouvant être interpellés sur la pollution de la scène politique tout en étant soumis à celle de l’espace public. La rénovation de la vie politique, dans le sens de la démocratisation, est l’aspiration la mieux partagée, de même que la modernisation de l’action électorale, avec plus d’efficacité et moins de moyens.

Djaffar Tamani
 
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