Edito
 

Déclaration de guerre

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le 28.06.17 | 12h00 Réagissez


Déjà connu pour être l’un des farouches opposants à l’accord de paix conclu avec les Palestiniens en septembre 1993, menaçant même la région d’une nouvelle guerre dès qu’il est devenu Premier ministre en 1995, Benyamin Netanyahu franchit cette fois une nouvelle étape. En fait, ce serait même une déclaration de guerre en étendant la politique d’occupation israélienne à de nouveaux territoires palestiniens. Et il ne manque pas de s’en vanter en déclarant qu’«après des décennies, (il a) le privilège d'être le Premier ministre qui construit une nouvelle colonie» en Cisjordanie. Un acte éminemment dangereux, que même les plus proches alliés d'Israël considèrent comme tel, marquant une espèce de rupture qui reste cependant sans suite. Beaucoup d’entre eux ont en effet affirmé, parfois avec beaucoup de solennité et en associant tous leurs stratèges jusqu’aux militaires, que la situation au Proche-Orient marquée par le statu quo mettait en danger leur propre sécurité. Il s’agit bien entendu de la poursuite de l’occupation israélienne caractérisée notamment par le refus de la solution dite à deux Etats. C’est de cette attitude que profite l’administration israélienne qui y ajoute même la manière dans ses décisions en totale violation des résolutions des Nations unies. Comme cette décision de construire une nouvelle colonie en Cisjordanie, ce qui ne s’est pas fait depuis vingt-cinq années pour éviter justement une rupture du statu quo et donner une chance même minime au processus de paix en lequel, à vrai dire, plus personne ne croit, comme l’a révélé la position de l’Autorité palestinienne en explorant d’autres voies pour que justice soit enfin rendue au peuple palestinien.

Ou encore, sans le moindre égard pour ses alliés, en annonçant cette décision alors même que des émissaires américains tentent de relancer le processus de paix, amenant les Palestiniens à considérer qu’«Israël ne croit pas aux efforts américains» et que c’est là une tentative de les faire échouer. Ce qui n’est pas nouveau, puisque la politique israélienne est, de ce point de vue, marquée par une constante. Il n’est pour cela que de se rappeler l’accueil qu’il a réservé à la démarche de la précédente administration, avec un discours pourtant clair, celui de Barack Obama en faveur d’un règlement de la question palestinienne prévoyant la création d’un Etat palestinien, avec même un envoyé spécial, George Mitchell, qui a fini par y renoncer après avoir constaté l’opposition d'Israël qui, en guise de réponse, multipliait les constructions dans les colonies, les décisions à ce sujet étant annoncées alors que l’administration américaine tentait de mettre en œuvre le discours présidentiel. Ou que se multipliaient les appréciations, et même les appréhensions des alliés qui admettaient, ou encore, ne dissimulaient plus le danger de l’occupation israélienne. L’analyse, à vrai dire, n’est pas inédite. C’est le discours qui l’était, mais il était contrarié par l’opposition israélienne. Jusqu’à quand ?

Mohammed Larbi
 
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