Edito
 

Décantation

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le 23.07.17 | 12h00 Réagissez


La disgrâce, consommée ou supposée, des têtes d’affiches du patronat et du syndicat dominants est-elle réellement porteuse d’un changement salutaire pour l’économie nationale, ou procède-t-elle d’un simple toilettage de la vie publique pour susciter l’acceptabilité de réformes douloureuses à venir ? Pour l’opinion nationale, faut-il en tout cas croire, la responsabilité de certaines notabilités des mondes politique, syndical et des  affaires  dans ce qui  est advenu de l’économie et des finances de l’Etat  ne fait assurément pas l’ombre d’un doute. C’est qu’ à l’origine du noir que broie actuellement le commun des Algériens et de son angoisse attisée face à la totale incertitude du lendemain, il n’y a pas — et loin s’en faut — que la simple morosité de la conjoncture pétrolière.

L’on était averti en effet, et depuis presque toujours, que jamais le prix du pétrole ne stationnerait continuellement à plus de 100 dollars, ni sa rente pourrait réellement tenir lieu d’un système économique ou d’un socle pérenne pour une quelconque cohésion sociale. L’angoisse collective n’a donc pas pour origine profonde la chute du prix du baril, quand bien même celle-ci est persistante ; mais bien la constance elle-même d’un système politique qui a déjà gagé et perdu tant de chances de décollage économique et tant de rentes aléatoires, censées servir d’abord à créer du développement et du bien-être social. L’angoisse collective vient surtout de la nature des alliances patronales, syndicales ou autres qui ont continué à forger l’assise même du système politique en vigueur, en nourrissant surtout les ogres insatiables de la gabegie et de la corruption. Aussi, qu’un gouvernement nouveau d’un régime ancien offre à la collectivité sa disponibilité, sincère ou de circonstances, d’aller en mésalliance avec les influences impopulaires du moment, cela ne peut-être que méritoire sur la forme. Mais sur le fond, un tel épisode de décantation courante en temps de crise — et surtout déjà vu par un passé pas si lointain avec d’autres alliances autrefois très en vue — ne peut en rien être assimilé à une réelle volonté de changement de gouvernance, ni à un quelconque gage d’assainissement profond de la chose publique et de la sphère économique qu’elle sous-tend. S’il n’est en rien rationnel de fermer l’autoroute, car il y a trop d’accidents pour paraphraser un ancien ministre, il n’est non plus pas évident de croire que la verbalisation de quelques mauvais automobilistes suffirait réellement à sécuriser la route. Car bien plus que la défaillance ou la nuisance de certains de ses chaînons visibles, c’est avant tout  la nature même du système en place en tant qu’ensemble qui continue à contrarier presque toutes les perspectives d’essor et de développement.

Akli Rezouali
 
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