Edito
 

De profondes rivalités

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le 06.06.17 | 12h00 Réagissez


Rien ne va entre le Qatar et des monarchies du Golfe. Une nouvelle crise, devrait-on souligner, et avec une plus grande dimension avec l’implication de l’Egypte et du Yémen aux côtés de l’Arabie Saoudite, du Bahreïn, de l’Etat des Emirats arabes unis par rapport à toutes les précédentes, puisque cette décision est portée par un échange d’accusations aussi graves les unes que les autres.

Les trois premiers pays membres du CCG (Conseil de coopération du Golfe), qui regroupe aussi le Koweït et Oman silencieux jusque-là, accusent le Qatar, également membre du CCG et engagé militairement dans la coalition militaire arabe contre la rébellion au Yémen dont il est désormais exclu, de soutenir le terrorisme, y compris Al Qaîda, le groupe EI (Etat islamique), mais aussi la confrérie des Frères musulmans classée groupe terroriste par l’Egypte et des pays du Golfe.

Ce n’est pas tout, mais jusque-là suffisant pour au moins approcher une relation qui apparaît au contraire comme une nébuleuse que les historiens font remonter bien loin dans le temps, comme cela apparaît dans la réaction de Doha qui considère que cette décision a un objectif : le «placer sous tutelle», tout en assurant qu’il «lutte contre le terrorisme et l’extrémisme». Loin de clarifier ce qui vient de se produire, le Qatar vient d’en rajouter à ce qui apparaît comme un faisceau inextricable.

Même cette question de souveraineté constamment mise en avant dans les relations internationales et qui donne lieu à différentes formes d’aide, d’appui et même d’engagement militaire hors de ses frontières, même si cela se fait de manière indirecte. Par groupes interposés pour reprendre la formule – par pays interposés – usitée durant la guerre froide. Rien n’a été dit sur ce qui se passe notamment en Syrie, où certains flairent aussi une forte odeur de gaz. Donc d’intérêts strictement économiques, et rien d’autre.

Les bonnes relations du Qatar avec l’Iran seraient au moins en partie liées au gisement de gaz – le plus grand au monde – que partagent les deux pays au point d’agacer, sinon de susciter la colère et une forte suspicion des autres pays du Golfe qui accusent l’Iran de créer en leur sein des oppositions y compris armées. Et Doha, à son tour, est accusé de soutenir «les activités de groupes terroristes soutenus par l'Iran dans la province de Qatif (est)», où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu'à Bahreïn, théâtre de troubles animés par la majorité chiite de ce pays.

Revoilà donc ce rapport selon lequel «l’ennemi de mon ennemi est mon ami». Une aberration, surtout quand on se prévaut d’un engagement commun au sein d’un ensemble régional, et même de la Ligue arabe. Ah cette ligue devrait-on dire. Un constat amer, mais où est donc la vérité avec des accusations déjà anciennes, mettant en cause des pays arabes dans le travail de radicalisation, de soutien aux groupes terroristes, et de division du monde arabe ? Quant à l’unité arabe, plus personne n’en parle. Tout simplement triste.

Mohammed Larbi
 
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